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Pieris japonica : l'Andromède du Japon, compagnon idéal des rhododendrons

Parmi les plantes de terre de bruyère incontournables, l’Andromède du Japon (Pieris japonica) réunit toutes les qualités d’un arbuste d’exception. À croissance lente, elle séduit par son feuillage persistant décoratif toute l’année, particulièrement coloré au printemps. Sa floraison précoce et parfumée enchante les sens, tandis que sa rusticité (-20 °C) et sa tolérance à la pollution en font un choix parfait pour les jardins urbains, y compris en pot.

Origines : une japonaise qui "dirige les hommes"

Le genre Andromeda, signifiant étymologiquement « Celle qui dirige les hommes », fut créé en 1753 par Carl von Linné. En 1784, Carl Peter Thunberg découvrit au Japon une Éricacée nommée Andromeda japonica. Ce n’est qu’en 1834 que George Don et son frère David Don la décrivirent scientifiquement sous le nom Pieris japonica, créant ainsi le genre Pieris. Les premiers exemplaires ornent les jardins anglais dès 1870.

Un nom inspiré de la mythologie grecque

Le nom Pieris évoque les Piérides, neuf filles du roi Pieros, transformées en oiseaux après un concours perdu contre les Muses. Ironie du sort, aucun oiseau ne porte ce nom scientifique. En revanche, la famille de papillons Pieridae (1 200 espèces) l’adopte, incluant des ravageurs comme la piéride du chou (Pieris brassicae) ou la piéride de la rave (Pieris rapae), ainsi que d’autres : Pieris ergane, Pieris kruperi, Pieris byoniae, etc.

Six espèces dans le genre Pieris

Le genre Pieris compte six espèces validées : P. cubensis, P. floribunda, P. formosa, P. japonica, P. phillyreifolia et P. swinhoei, originaires d’Asie ou d’Amérique du Nord. Pieris japonica, la plus rustique, pousse naturellement en montagne (800-1 900 m) au Japon, sud-est de la Chine et Taïwan. Introduite en Europe au XIXe siècle, elle fleurit dès février par temps doux.

Feuillage persistant spectaculaire

Formant un arbuste compact de 1 à 3 m à port globuleux, Pieris japonica arbore des feuilles persistantes de 8-10 cm, coriaces, lustrées vert foncé (ou panachées chez ‘Ralto’ ou ‘White Rim’). Les jeunes pousses virent au rouge vif ou rose orangé, alternes, obovales-lancéolées et crénelées.

Floraison élégante et parfumée

Ses panicules terminales retombantes (10-15 cm) portent des clochettes urcéolées cireuses, hermaphrodites, blanc rosé. Décoratives 3 mois, elles diffusent un doux parfum de miel.

Exposition et sol : mi-ombre et terre acide

Privilégiez un sol acide (pH 4,5-5,5) en terre de bruyère pure, à mi-ombre, à l’abri des vents froids. Associez-la à camélias, rhododendrons et bruyères, avec des bulbes comme les narcisses simples ou jacinthes des bois (Hyacinthoides non-scripta).

Attention : toxique à ingérer

Toutes les parties sont toxiques (diterpènes, surtout dans le pollen). L’ingestion de feuilles provoque de graves troubles gastriques.

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