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Fondules contre pollution : une adaptation génétique remarquable (1-0)

Les fondules s'adaptent à l'eau de mer polluée.

Fondules contre pollution : une adaptation génétique remarquable (1-0)

Le fundule, ou killifish, n'est pas un poisson ordinaire. Certaines espèces survivent des semaines sur terre, d'autres sont hermaphrodites ou chassent les insectes à la surface de l'eau. Ces poissons démontrent aussi une capacité d'adaptation aux toxines aquatiques, selon une étude américaine publiée dans Science.

Des fondules prélevés le long de la côte atlantique nord-américaine, exposés à des rejets industriels pendant des décennies, se révèlent 8 000 fois plus résistants à la pollution que leurs congénères.

Les chercheurs ont analysé les génomes de 384 spécimens issus de populations tolérantes et sensibles. Les fondules tolérants présentent une moindre diversité génétique, logique face à la mortalité élevée dans les zones polluées. Chez les survivants, plusieurs gènes de la voie de réponse AHR – impliquée dans l'immunité et la détoxification – sont désactivés.

"L'activation prématurée de cette voie par les polluants cause des malformations cardiaques et squelettiques fatales", explique Andrew Whitehead, de l'UC Davis. " Chez les fondules adaptés, cette voie est moins sensible, les protégeant ainsi. Bien qu'impliquée dans la régulation hormonale et la détection d'hypoxie, des mutations compensent ces effets négatifs."

Pas une adaptation universelle

La grande diversité génétique des fondules, supérieure à celle d'autres vertébrés, est la clé de leur adaptation. "C'est la matière première de l'évolution", souligne Whitehead. "Plus de diversité signifie plus de chances de mutations utiles préexistantes."

Les fondules avaient les atouts nécessaires. "Face à des changements rapides comme la pollution ou le climat, on ne peut compter sur de nouvelles mutations ; il faut exploiter le génome existant", ajoute-t-il.

Comparable aux insectes face aux pesticides, cette adaptabilité n'est pas la norme chez les vertébrés. Les chercheurs mettent en garde : la pollution impacte toujours gravement la biodiversité.

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