En 2017, la vision économique à court terme domine encore l'abattage de forêts écologiquement inestimables. On sous-estime les services essentiels que ces écosystèmes rendent à la Terre, bien au-delà de toute croissance économique liée à la déforestation. Même les forêts protégées ne le sont pas autant que nous le croyons.
Points chauds biologiques
La déforestation humaine existe depuis toujours. Comme l'explique Michael Williams dans son ouvrage Deforesting the Earth: From Prehistory to Global Crisis, la vague actuelle reste mineure comparée à l'ampleur historique mondiale. Cependant, elle cible désormais les forêts classées en réserves, aires protégées ou forêts primaires, causant des dommages irréversibles. Ces impacts ne se limitent pas à la flore et faune locales : ils affectent le climat mondial.
Ces forêts, résistantes au fil des siècles, sont des témoins de l'histoire planétaire. Elles abritent une biodiversité exceptionnelle, constituant des points chauds biologiques. Elles régulent le cycle de l'eau, atténuent les canicules et stockent d'énormes quantités de carbone – environ 600 milliards de tonnes dans les forêts tropicales, équivalent à 60 ans d'émissions humaines actuelles. Leur perte accélère le réchauffement climatique et dépasse toute valeur économique potentielle.
Urgence d'une conservation stricte
Il est impératif de rejeter les gains économiques à court terme au profit d'une approche durable. Autoriser l'abattage de ces forêts intactes inflige des préjudices irréparables aux générations futures. Ces décisions, motivées par des calculs politiques électoralistes, nous laissent un héritage de terres dénudées.
Si cette tendance persiste, nous perdrons des écosystèmes uniques et un bouclier naturel contre le changement climatique. Stopper cette déforestation est crucial pour une transition vers une utilisation durable des ressources naturelles, respectant les normes internationales de protection.
Par FLEURS DE JASPE
FWO [PEGASUS]² Marie Skłodowska-Curie Fellow, UAntwerp
Communicateur scientifique chez Break it Down – www.breakitdown.eu
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La conscience des impacts économiques sur notre capital naturel remonte aux années 1970, avec la chanson de Louis Neefs « Laissez-nous une fleur » et le rapport Les Limites de la croissance du Club de Rome. Malgré les appels à un modèle durable alliant écologie et économie, la déforestation des forêts protégées persiste.
Forêts tropicales et primaires protégées
Exemples récents : au Brésil, le décret de Temer sur la réserve de Renca (46 000 km² d'Amazonie) pour l'exploitation minière, bloqué par la Cour suprême ; en Asie, les plantations de palmiers à huile menaçant des forêts vierges (Global Forest Watch) ; en Pologne, la bataille pour la forêt de Białowieża ; et près de chez nous, l'Essersbos, site Natura 2000 menacé par l'expansion industrielle.
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