Un quart des femmes souffrent de douleurs menstruelles si intenses qu'elles perturbent leur vie quotidienne. Chez la moitié d'entre elles, l'endométriose est en cause, une affection où l'endomètre prolifère dans la cavité abdominale.
En 2011, des chercheurs de l'UZ Leuven ont interrogé des centaines de filles de 12 ans sur leurs règles. Un quart d'entre elles manquaient l'école plusieurs jours par mois, abandonnaient le sport et évitaient leurs amis à cause de la douleur. Ces résultats corroborent les études antérieures.
De nombreux généralistes et même gynécologues minimisent encore ces plaintes. La douleur n'est qu'un symptôme parmi d'autres. Certains l'attribuent à tort au syndrome du côlon irritable. Aujourd'hui, le lien avec l'endométriose – maladie chronique incurable où la muqueuse utérine s'implante dans la cavité abdominale, provoquant une inflammation – est de mieux en mieux établi.
Plusieurs hypothèses expliquent la présence d'endomètre dans la cavité abdominale. La plus probable est celle du gynécologue américain John Sampson (1927) : lors des règles, une partie du sang et de l'endomètre refluxe par les trompes de Fallope (règles rétrogrades). Chez la plupart des femmes, le système immunitaire l'élimine ; pas chez une sur dix.
Les gènes jouent un rôle clé, bien que non identifiés. Si vous êtes atteinte, vos sœurs et filles ont sept fois plus de risques. Des chercheurs de la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie montrent qu'un mode de vie très actif (jogging ≥6h/semaine ou vélo ≥8h) réduit légèrement le risque.
Qu'est-ce que l'endométriose ? C'est une affection où l'endomètre tapisse non seulement l'utérus, mais aussi l'extérieur et les organes voisins.
Un cycle menstruel dure en moyenne 28 jours. L'endomètre se prépare à recevoir un ovule fécondé. Sans grossesse, la couche fonctionnelle est éliminée : majoritairement par le vagin, le reste refluxe vers l'abdomen. Normalement, le système immunitaire nettoie ce reflux ; pas chez les femmes atteintes, où il forme des foyers d'endométriose.
Ces foyers réagissent aux hormones menstruelles : ils s'épaississent, s'inflammment, causant douleurs, crampes et fatigue extrême. Sans traitement, adhérences et cicatrices altèrent le fonctionnement des organes (uriner, déféquer, relations sexuelles, fertilité).
Les régimes anti-œstrogènes sont populaires, mais non prouvés scientifiquement (Carla Tomassetti, UZ Leuven). Ils peuvent soulager les troubles intestinaux associés. La pollution (perturbateurs endocriniens, PCB, dioxines) est suspectée, sans preuves formelles.
La Belgique et les Pays-Bas affichent une prévalence élevée (10 % des femmes en âge de procréer vs 2 % ailleurs). Facteurs génétiques ou mode de vie ? L'endométriose touche :
Des études sur babouins montrent un lien avec moins de grossesses (plus de règles = plus de risques). Chez l'humaine, plus de grossesses précoces = moins de risques (Christel Meuleman, UZ Leuven).
Le nombre de cas augmente par meilleure sensibilisation : jeunes médecins mieux formés, patientes actives en ligne.

Christel Meuleman note : « L'augmentation est apparente, due à une meilleure connaissance. Les patientes non écoutées consultent des spécialistes via Internet. »
En Belgique, diagnostic en 4-5 ans ; aux Pays-Bas, 8-10 ans (accès restreint aux spécialistes). Symptômes variés et mimétisme avec d'autres pathologies compliquent. La pilule masque souvent les signes.
« Certaines femmes souffrent si longtemps que les nerfs sont endommagés, causant des douleurs fantômes permanentes.»
Échographie/IRM détectent kystes/nodules, pas lésions superficielles. Laparoscopie (caméra abdominale) est gold standard pour biopsie.
Recherche de biomarqueurs en cours.
Aucun traitement curatif. Intervention précoce essentielle pour éviter dommages irréversibles.
À l'UZ Leuven : exérèse immédiate lors de laparoscopie, restauration anatomique. Alternatives : pilule pour réduire œstrogènes et règles.
Au VUmc, approche prudente : endométriose non létale vs cancer (Velja Mijatovic).
Symptômes (10 % des femmes en âge fertile) :
Chirurgie multidisciplinaire en centre spécialisé + laser CO2 (sans chaleur) + pilule post-op minimisent rechutes et préservent qualité de vie (Meuleman).
Diagnostic précoce vital : interroger filles de 12 ans, pilule espacée, laparoscopie à 18 ans.
50 % des infertilités inexpliquées = endométriose. Exérèse double les chances de grossesse spontanée (Meuleman). FIV aggrave (pic œstrogènes).
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