Lors de la « Grande Oxydation », la teneur en oxygène atmosphérique a explosé. Ce « gaz de la vie », essentiel pour nous, a été produit par les cyanobactéries via la photosynthèse. Mais un facteur clé était nécessaire pour le maintenir dans l'air.

Cristaux de pallasite et d'olivine sur un rocher.
Sans cet enrichissement massif en oxygène, les formes de vie multicellulaires et aérobies n'auraient jamais émergé. Bien que la vie soit apparue il y a environ 4 milliards d'années, son histoire « moderne » ne débute qu'après une crise survenue il y a 2,45 milliards d'années : la Grande Oxydation.
Les géologues la qualifient de crise car elle a provoqué l'extinction massive d'organismes unicellulaires anaérobies, sensibles à l'oxygène. Ce gaz, hautement réactif, oxyde même le fer. Les scientifiques s'interrogeaient : comment les océans et l'atmosphère se sont-ils emplis d'oxygène, alors que les cyanobactéries photosynthétisaient depuis longtemps ?
Une équipe de géologues canadiens et suisses a analysé près de 50 000 échantillons rocheux mondiaux. Résultat : avant 2,45 milliards d'années, la croûte était dominée par des roches volcaniques riches en olivine ; ensuite, le silicium prédomine.
Avant la Grande Oxydation, l'olivine réagissait avec l'eau et l'oxygène, éliminant ce gaz de l'atmosphère. Ce n'est qu'avec le changement de composition crustale – l'olivine reléguée en profondeur – que l'oxygène a pu s'accumuler durablement.