Malgré des conditions extrêmes, des milliers de microbes et même certains organismes multicellulaires semblent prospérer dans le lac le plus célèbre de l'Antarctique.

La première exploration de vie dans les eaux glacées du lac Vostok révèle une biodiversité inattendue. Malgré des conditions extrêmes, des milliers de microbes et même des organismes multicellulaires y prospèrent.
Début 2012, des chercheurs russes ont percé pour la première fois les eaux du lac Vostok, situé à plus de 4 kilomètres de profondeur sous la glace, via des carottes de forage. Ce lac, le plus grand des 367 lacs subglaciaires de l'Antarctique découvert en 1996, fascine les scientifiques. Son eau contient cinquante fois plus d'oxygène qu'un lac ordinaire, dans l'obscurité totale, à des températures extrêmement basses (jusqu'à -89 °C enregistrés à la base russe voisine) et sous une pression colossale. La vie ici pourrait ressembler à celle d'exoplanètes aux conditions similaires.
Une équipe internationale a analysé les premiers échantillons d'eau gelée prélevés près du site de forage. Résultat : oui, le lac Vostok abrite de la vie. Cependant, pas d'espèces totalement nouvelles ou évoluées isolément. On y trouve des bactéries marines familières, des micro-organismes courants ailleurs, des champignons, et même des bactéries typiques des lacs d'eau douce.
Remarquable : présence de bactéries psychrophiles (amatrices du froid) et thermophiles (amatrices de la chaleur), suggérant des sources hydrothermales au fond du lac réchauffant localement l'eau. Deux archées primordiales, adaptées aux milieux extrêmes, ont aussi été identifiées.
Les chercheurs anticipent d'autres découvertes avec de futurs échantillons, mais des espèces exotiques restent improbables. Dès 2006, des géographes britanniques ont montré que les lacs subglaciaires antarctiques communiquent via des rivières sous la calotte glaciaire, favorisant les échanges biologiques.
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