Dans un contexte de changement climatique, la préservation d'une planète plus verte est cruciale. Les forêts tropicales humides jouent un rôle essentiel en absorbant le dioxyde de carbone de l'atmosphère. Face à la déforestation accrue, une étude mondiale récente révèle que leur régénération pourrait être plus rapide que prévu.
Publiée dans la revue Science, cette recherche montre la résilience remarquable des forêts tropicales défrichées pour l'agriculture et de leurs sols. En seulement 20 ans, ces écosystèmes en Amérique centrale et du Sud, ainsi qu'en Afrique de l'Ouest, retrouvent environ 80 % des caractéristiques des forêts primaires.

L'équipe scientifique a analysé 77 sites couvrant 2 275 parcelles, toutes issues de forêts anciennes converties en terres agricoles puis abandonnées. Cette diversité temporelle permet une vue complète du processus de repousse.
Les évaluations portaient sur 12 indicateurs clés : densité forestière, nutriments du sol, surface foliaire et diamètre des arbres. Comparés aux forêts primaires, les résultats soulignent une résilience surprenante. Le premier auteur, Lourens Poorter, biologiste tropical à l'Université de Wageningen (Pays-Bas), note que les sols se régénèrent en une décennie, avant même une végétation majeure, grâce à la décomposition naturelle.
"Les populations locales, pratiquant la culture itinérante, le savent depuis des siècles", explique Poorter. Elles brûlent les terres pour restituer les nutriments, les abandonnent dix ans, puis les réutilisent.
Cette repousse rapide est encourageante, mais les forêts primaires restent irremplaçables pour le stockage du carbone. Poorter insiste : ces découvertes ne justifient pas la destruction continue, mais mettent en lumière le potentiel des forêts secondaires sur terres agricoles abandonnées, sans intervention humaine.
"C'est un message d'espoir, pas un permis de déforester", conclut-il.