FRFAM.COM >> Science >> Environnement

Les anciens vers priapuliens vivaient dans des coquilles comme des bernard-l'ermite il y a 500 millions d'années

Rien dans l'océan n'égale le ver priapulien, du moins jusqu'à récemment.

Des chercheurs des universités du Yunnan et de Durham, étudiant des formes anciennes de priapulides (connus sous le nom de "vers pénis"), ont découvert que ces créatures charnues vivaient il y a plus de 500 millions d'années en utilisant des coquilles du fond marin comme abris, à la manière des bernard-l'ermite. Leurs résultats sont publiés dans Current Biology cette semaine.

Curieusement, cette stratégie d'occupation de coquilles chez les priapulides est antérieure à celle des bernard-l'ermite, qui date d'environ 170 millions d'années. "Ces vers n'ont que peu en commun avec les bernard-l'ermite", explique Martin Smith, co-auteur de l'étude et paléontologue à l'Université de Durham. "Ils ont développé cette adaptation de manière totalement indépendante."

Smith et ses collègues chinois ont analysé des fossiles collectés ces dix dernières années dans la formation de Wulongqing à Guanshan, un site cambrien célèbre pour sa préservation exceptionnelle des tissus mous et des exosquelettes. Ils ont examiné quatre spécimens de priapulides habitant des coquilles d'hyolithes, des mollusques coniques du Cambrien.

Les anciens vers priapuliens vivaient dans des coquilles comme des bernard-l ermite il y a 500 millions d années

L'examen des fossiles a révélé des indices clairs : les vers s'adaptaient parfaitement à l'intérieur des coquilles, indiquant une utilisation à long terme et non temporaire. De plus, leur région postérieure élargie suggère un ancrage stable aux parois internes.

"Ils vivaient à plein temps dans ces coquilles, comme les bernard-l'ermite actuels", précise Smith.

Ces découvertes éclairent le mode de vie de ces anciens priapulides – contrairement aux espèces modernes qui n'utilisent plus de coquilles – et l'écosystème océanique cambrien. Ces vers prenaient probablement des décisions complexes pour sélectionner et agrandir leurs abris. Ce comportement sophistiqué, inédit pour le Cambrien, évoque des prédateurs plus avancés que prévu, typiques du Mésozoïque.

Cette trouvaille évoque aussi la "crabification", où diverses lignées évoluent vers des formes protégées par des coquilles. Bien que les priapulides précèdent les bernard-l'ermite ici, ce motif récurrent pourrait prédire des adaptations extraterrestres. "Sur Jupiter, Mars ou ailleurs, des équivalents de bernard-l'ermite sont plausibles", conclut Smith.


[]