Les épaves et les centaines d'anciens pots, pichets et vases révèlent une ancienne route commerciale.

22 épaves et des centaines d'anciens pots, pichets et vases : une récolte impressionnante pour une équipe internationale d'archéologues revenue de l'île grecque de Fourni. Leur découverte confirme que cette île était un passage clé pour les navires marchands reliant la Grèce au Moyen-Orient.
Après des siècles, ces trésors historiques sont presque entièrement recouverts par la flore marine de la mer Égée. Pourtant, les fonds limpides regorgent d'objets transportés par les commerçants vers le Moyen-Orient.
Les chercheurs s'étaient installés en Grèce pour explorer d'éventuels naufrages dans la région. Dès le premier jour, une épave est repérée ; après cinq jours, dix au total. En deux semaines, le bilan s'élève à 22 épaves.

Dirigée par Peter Campbell de l'Université de Southampton (Royaume-Uni) et George Koutsouflakis (Grèce), l'expédition a mobilisé archéologues sous-marins, pêcheurs locaux, plongeurs de sponges et robots télécommandés.
Les navires datent du Moyen Âge (jusqu'au XVIe siècle) et de l'Antiquité (plus de 2 500 ans). Malgré l'absence de grand port à Fourni, les nombreux naufrages soulignent son rôle de carrefour entre la mer Noire, la mer Égée, Chypre, l'Égypte et le Levant.
Un naufrage par siècle
Pourquoi tant de navires ont-ils sombré ? La mer autour de Fourni n'était pas particulièrement agitée, estiment les experts. Au contraire, cette route était prisée pour sa sécurité relative. Avec un trafic intense, un naufrage tous les cent ans semble plausible, selon Campbell.

Après des siècles, bois, vêtements et corps ont disparu, rongés par l'environnement. Les archéologues ont récupéré des centaines de poteries en terre cuite : pots, vases, pichets. Ces artefacts éclairent la vie quotidienne antique. Des analyses d'amphores révéleront bientôt les liquides qu'elles transportaient. (adw)