Un logiciel innovant traduit les mouvements des yeux en commandes pour piloter fauteuils roulants, ordinateurs et jeux vidéo, offrant une aide précieuse aux personnes paralysées.

Une alternative non invasive et abordable aux implants cérébraux.
Début 2022, Erik Sorto, paralysé jusqu'au cou, a fait sensation en contrôlant un bras robotique par la pensée pour boire une bière. Cette prouesse, saluée par les médias, repose pourtant sur une technologie coûteuse et invasive : une puce implantée dans le cerveau, nécessitant des mois de formation et un profil très spécifique. Seules quelques personnes sont éligibles.
Face à ces limites, Aldo Faisal, professeur agrégé de neurotechnologie à l'Imperial College de Londres, propose une solution révolutionnaire : utiliser les mouvements oculaires. Avec des lunettes équipées de caméras grand public, son équipe enregistre les regards et les convertit en commandes via un logiciel. Coût total : à peine 45 euros.
Presque accessible à tous – amputés, paralysés, patients Parkinson, sclérose en plaques ou dystrophie musculaire –, cette technologie a séduit des milliers de volontaires lors d'une expo scientifique. Ils ont maîtrisé le jeu Pong en 15 secondes, sans formation.
Appuyé sur 70 ans de recherches en neurosciences oculaires, le système prédit les intentions : un coup d'œil pour diriger un fauteuil, un clin d'œil pour cliquer, un mouvement de pupille pour une manette. Les algorithmes s'entraînent sur des données réelles de volontaires utilisant joysticks ou bras robotiques, apprenant à distinguer regards explorateurs et intentionnels.
Avant une commercialisation, des essais cliniques sont nécessaires, financés en partie par 4 millions d'euros de l'Union européenne pour des exosquelettes contrôlés par ce suivi oculaire. « Je veux aider les gens à bouger à nouveau, c'est mon objectif », déclare Faisal.
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