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Les chevaux de guerre médiévaux : des poneys plus petits que la légende ne le suggère

La culture populaire dépeint les chevaux de guerre médiévaux comme des destriers majestueux, imposants et puissants, portant des chevaliers en armure étincelante. Pourtant, une étude récente révèle que ces montures étaient bien plus petites que ce qu'on imagine généralement.

Une équipe de zooarchéologues britanniques a examiné 1 964 ossements de chevaux issus de 171 sites archéologiques, datés entre 300 et 1650 apr. J.-C. En les comparant aux chevaux modernes, les chercheurs ont constaté que les équidés médiévaux étaient beaucoup plus légers, généralement de la taille d'un poney. Ces résultats ont été publiés en août dernier dans l'International Journal of Osteoarchaeology.

La distinction entre cheval et poney repose sur la hauteur au garrot, mesurée en mains (1 main = 10,16 cm). Les chevaux modernes font au moins 14,2 mains (environ 1,44 m), tandis que les pur-sang ou chevaux de course atteignent souvent 16 à 17 mains. Les analyses montrent que les montures des chevaliers médiévaux anglais mesuraient moins de 14,2 mains, ce qui les classerait aujourd'hui comme des poneys.

Malgré leur petite taille, ces chevaux ont joué un rôle crucial. « Le cheval de guerre est au cœur de notre compréhension de la société et de la culture médiévales anglaises, symbole de statut lié à l'identité aristocratique et arme de choc réputée pour sa mobilité, transformant le visage des batailles », déclare Oliver Creighton, archéologue à l'Université d'Exeter et principal investigator de l'étude, dans un communiqué.

Les auteurs soulignent que les sources historiques restent muettes sur les critères précis d'un cheval de guerre. Au fil du Moyen Âge, les préférences ont évolué avec les tactiques militaires et les goûts culturels, privilégiant diverses morphologies. La taille n'était qu'un facteur parmi d'autres : sélection et entraînement tenaient compte de la biologie et du tempérament.

Identifier précisément les restes de chevaux de guerre s'avère impossible sans indices contextuels, comme des registres d'inhumation. Les os isolés ne permettent pas de distinguer un animal de combat d'un cheval de trait, même avec des squelettes complets.

Pour approfondir, des études futures analyseront les variations morphologiques des os et recourront à l'ADN ancien afin de tracer l'évolution génétique des chevaux anglais.

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