Cette semaine, Netflix a dévoilé Don't Look Up, avec un casting prestigieux incluant Jennifer Lawrence, Leonardo DiCaprio, Jonah Hill et même un sac Birkin iconique.
Le film ne perd pas de temps : une doctorante (Lawrence) et son professeur (DiCaprio) découvrent une comète géante du nuage d'Oort, à la périphérie de notre système solaire, fonçant droit sur la Terre – une métaphore évidente du changement climatique dramatique. Le gouvernement intervient : emmenés à Washington, ils font face à des responsables politiques indifférents, obnubilés par les midterm elections et un scandale potentiel. La fin du monde passe au second plan.
De nombreux climatologues se reconnaissent dans ces personnages. « La panique et le désespoir qu'ils ressentent reflètent ceux de beaucoup de scientifiques du climat », écrit Peter Kalmus dans The Guardian. Les experts alertent depuis longtemps sur la crise climatique, souvent ignorés par les gouvernements et leaders qui éludent le problème.
D'autres œuvres comme Seaspiracy (2021) ou La course pour sauver le monde explorent les catastrophes climatiques. Seaspiracy a fait sensation, malgré les controverses sur certaines affirmations. Le changement climatique inspire depuis longtemps documentaires et films, alimentant l'anxiété climatique : une peur et une appréhension face à l'avenir, dues aux conditions météo extrêmes et à la crise en cours.
Selon la BBC, plus de la moitié des 16-25 ans s'inquiètent du climat ; trois quarts sur 10 000 sondés en automne dernier trouvent l'avenir « effrayant ». Cette anxiété s'accompagne souvent de honte, colère et sentiment de trahison par les élus.
« Climate doom » est un terme récent, note Sarah Lowe, professeure à la Yale School of Public Health. « La littérature évoque l'anxiété climatique et le chagrin écologique, mais la peur climatique décrit des inquiétudes intenses, persistantes, perturbant la vie quotidienne. »
Ces émotions ne sont pas toutes néfastes si elles mènent à l'action, l'activisme ou des politiques climatiques. Mais un excès sans suite risque l'épuisement, freinant les militants.
« Prenez du recul avec des activités réparatrices : balades, méditation, sport, repas entre amis. Cela prévient le burn-out », conseille Lowe. « Je suis admirative des activistes de long terme. »
Des films comme Don't Look Up opposent apathie et urgence, criant « agissez ! ». Le site du film propose une section « Comptez-nous dedans » avec des actions simples : parler à ses proches, interpeller les politiques, être bienveillant envers soi.
Lowe recommande des engagements réalistes – organisation communautaire, manifestations, bénévolat – adaptés à son bien-être.
Julian Lagoy, psychologue agréé, insiste sur l'équilibre : « Restez conscient de la vérité climatique sans la laisser envahir votre vie. Focalisez sur les solutions positives plutôt que les problèmes seuls. »
La résilience émotionnelle est clé : « Elle prévient les troubles mentaux liés au climat, en nous aidant à agir plutôt qu'à subir. Elle donne du pouvoir. »
Pas besoin d'un effondrement à la DiCaprio pour agir. Si ce film étoilé motive vous ou vos proches, lancez le pop-corn !