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Étiquettes de recyclage des plastiques : il est temps de clarifier la confusion pour une meilleure durabilité

En 1988, la Society of the Plastics Industry (aujourd'hui Plastics Industry Association) a créé le système de code d'identification de résine (RIC). Ce symbole iconique – un triangle équilatéral formé de trois flèches en rotation horaire entourant un chiffre de 1 à 7 – identifie le type de résine plastique et son potentiel de recyclage.

Ce codage standardisé est toujours en vigueur, facilitant le tri des déchets par les consommateurs et les centres de recyclage. Pourtant, une étude de 2019 de la Consumer Brands Association révèle que 68 % des Américains croient à tort que tout produit arborant le RIC est recyclable, tandis que 24 % ignorent sa signification.

Face à ces malentendus généralisés, faut-il repenser le système d'étiquetage ? De nombreux experts le préconisent.

Les consommateurs sont souvent trompés par les étiquettes de recyclage actuelles

Dans un article publié en 2022 dans Environmental Science & Policy, des chercheurs des universités d'Exeter et du Queensland proposent une refonte des étiquettes plastiques pour guider mieux les consommateurs.

"Nous recommandons un étiquetage axé sur la durabilité plutôt que sur la recyclabilité théorique, adapté aux régions et transparent sur les additifs chimiques", explique Stephen Burrows, auteur principal et chercheur en sciences marines à l'Institut QUEX.

Ce nouveau système évalue l'impact environnemental et sanitaire global du plastique via une échelle de durabilité. Il exige aussi une liste détaillée des additifs, comme les retardateurs de flamme ou le bisphénol A.

"Les étiquettes actuelles sont trop simplistes, abstraites et parfois erronées", note Burrows. "Par exemple, les gobelets en acide polylactique (PLA) étiquetés 'recyclables' et 'compostables' le sont rarement en pratique, selon les infrastructures locales."

La compostabilité et recyclabilité du PLA varient selon les capacités régionales. Sans compostage industriel ou recyclage bioplastique dédié, ces gobelets finissent en décharge, émettant du méthane et aggravant les gaz à effet de serre. D'où la nécessité d'instructions d'élimination régionales.

Un rapport Greenpeace USA de 2020 dénonce les étiquettes trompeuses de Nestlé, Walmart ou Unilever sur gobelets, couvercles et plateaux, non conformes aux critères de la Federal Trade Commission (FTC).

Améliorer l'étiquetage réduirait les déchets à usage unique, optimiserait la gestion des déchets et responsabiliserait fabricants et régulateurs, selon Burrows.

Les fabricants doivent contribuer à réduire les déchets plastiques

Les consommateurs ont besoin d'informations claires sur les impacts du plastique, mais un excès d'infos peut confondre, un déficit tromper, analyse Aditya Vedantam, professeur adjoint en gestion des opérations à l'Université de Buffalo (non impliqué dans les études). Des designs attractifs et scientifiquement fondés favoriseraient un recyclage efficace.

Un étiquetage informatif sur les impacts environnementaux et sanitaires inciterait à la réflexion avant achat, poussant les entreprises vers des alternatives plus saines, estime Kate Melges, responsable plastiques chez Greenpeace USA.

Cependant, cela n'augmenterait pas forcément les taux de recyclage : "La plupart des emballages plastiques ne sont pas recyclables. Seuls PET #1 et HDPE #2 (bouteilles et jerricans avec étiquettes adaptées) le sont aux États-Unis", précise Melges. Les autres restent économiquement non viables.

En 2018, 35,7 millions de tonnes de plastique ont été produites aux États-Unis, dont seulement 3 millions recyclées. Les taux pour PET et HDPE : 29,1 % et 29,3 %. La responsabilité ne doit pas incomber qu'aux consommateurs.

"De nombreux États, comme New York, adoptent la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les emballages plastiques", note Vedantam. Ces lois transfèrent le fardeau aux producteurs, favorisant un tri à la source et évitant la contamination des centres de recyclage (MRF).

La REP rend les fabricants responsables de la fin de vie de leurs produits. Seulement 20 entreprises génèrent plus de la moitié des plastiques à usage unique mondiaux. Réglementer à la source réduirait drastiquement les déchets.

"Les entreprises doivent abandonner le recyclage comme faux remède et adopter des modèles réutilisables ou rechargeables", conclut Melges.

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