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Quelle huile végétale est la plus durable ? L'huile de colza minimise les émissions de GES

Les huiles végétales, extraites de graines, noix, céréales ou fruits, sont polyvalentes : canola et olive pour la cuisine, soja ou tournesol pour cosmétiques et savons. La demande mondiale explose, avec un marché de 219 millions de tonnes en 2020, prévu à 285 millions en 2026.

L'huile de palme, la plus productive, domine la consommation mondiale. Pourtant, sa production en Asie du Sud-Est, via défrichement de forêts de tourbe, génère 0,44 à 0,74 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Face à cet impact, des pratiques plus durables s'imposent.

La production d'huile de colza émet le moins de GES

Une étude de 2022 parue dans Science of The Total Environment analyse les émissions de GES sur toute la chaîne de production d'huiles courantes : palme, soja, colza (ou canola) et tournesol. Elle couvre du défrichement à la raffinerie.

Les émissions médianes du colza, tournesol et palme sont inférieures à la moyenne mondiale de 3,81 kg CO₂-eq/kg d'huile raffinée.

« Sur la base des systèmes moyens, l'huile de colza émet le moins de GES par litre, suivie du tournesol », explique Thomas Alcock, auteur principal et chercheur postdoctoral à l'Université technique de Munich. « Mais les variations sont énormes selon les pratiques. »

L'huile de colza : 2,49 kg CO₂-eq/kg, contre 4,25 kg pour le soja. Une étude de 2015 dans le Journal of Cleaner Production confirmait ces résultats pour ces huiles plus l'arachide.

Les engrais azotés synthétiques pèsent lourd : leur production est énergivore et ils libèrent du N₂O, 300 fois plus puissant que le CO₂. Au Canada, le labour conventionnel double les émissions par rapport au non-labour, via perte de carbone des sols.

« Les huiles végétales imprègnent tous les aliments et occupent 20 % des terres arables mondiales », note Alcock. « Leur production pèse sur les GES (25 % des émissions alimentaires globales) et la biodiversité. »

Améliorer la durabilité de la production d'huiles végétales

La durabilité va au-delà des GES : usage des sols et eau comptent. Colza excelle en GES, tournesol en eau. Palme brille par rendement : 89 millions de tonnes sur 47 millions d'hectares, vs 92 millions de tonnes de soja+colza sur plus de 162 millions d'hectares.

« Cultiver sur sols à faible stockage carbone, sans forêts potentielles, réduit l'empreinte », conseille Alcock. Augmenter les rendements sans intrants excessifs baisse les émissions par bouteille. Reboiser les zones à fort potentiel compense.

Pour la palme, les effluents (POME) émettent du méthane (0,87 m³/tonne de fruits). Captage biogaz via lagunes couvertes ou réacteurs réduit drastiquement les GES, mais reste rare.

Pour tous : minimiser azote synthétique via variétés efficientes et rotations avec légumineuses. « Les incitations gouvernementales et investissements en technologies sont clés », conclut Alcock. Les producteurs manquent aujourd'hui de motivations.

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