Depuis 2004, la déforestation en Amazonie a drastiquement diminué, sans compromettre la production alimentaire. Cette tendance positive soulève des interrogations sur sa durabilité.

Depuis 2004, la déforestation de la forêt amazonienne a chuté de manière spectaculaire, sans affecter la production alimentaire. Des scientifiques et économistes nord- et sud-américains s'interrogent sur sa pérennité dans Science.
2004 marque le point bas de la déforestation en Amazonie. Depuis, 86 000 km² de forêt tropicale au Brésil ont été préservés. La déforestation a ainsi baissé de 70 % en huit ans, évitant l'émission de plus de trois milliards de tonnes de CO₂ dans l'atmosphère. Le Brésil est devenu leader mondial en réduction des émissions de gaz à effet de serre.
La baisse du prix du soja en 2005 et la campagne accrue de Greenpeace ont poussé les entreprises à éviter les liens avec la déforestation. La plupart des acheteurs de soja amazonien se sont engagés à n'acheter qu'auprès d'agriculteurs respectueux de la forêt. Grâce à une productivité accrue des terres existantes, la production alimentaire n'a pas souffert. Le gouvernement brésilien a parallèlement étendu les zones protégées en Amazonie.
Ces avancées restent toutefois fragiles. Après un record bas d'août 2011 à juillet 2012, la déforestation a rebondi de 28 % entre août 2012 et juillet 2013, passant de 4 571 à 5 843 km². Face à la demande mondiale croissante en soja et bœuf, les auteurs de Science proposent des objectifs régionaux avec récompenses pour les agriculteurs, une approche inspirée de la lutte contre la fièvre aphteuse.