Alors que la forêt amazonienne traverse une période critique marquée par des incendies records depuis plusieurs mois, le monde entier observe avec préoccupation. Surnommée les « poumons de la Terre », l'Amazonie abrite 10 % des espèces connues mondialement, avec des millions de plantes, animaux, insectes et micro-organismes, dont beaucoup restent à découvrir. Elle stocke également d'énormes quantités de carbone, essentiel pour freiner le changement climatique. S'étendant sur 6 millions de km², elle chevauche le Pérou, la Colombie, le Venezuela, l'Équateur, la Bolivie, la Guyane, le Suriname et la Guyane française, mais 60 % se trouvent au Brésil, où elle représente 40 % du territoire continental. Environ 400 tribus indigènes y vivent.
Les incendies actuels menacent cette biodiversité exceptionnelle, la capacité de stockage du carbone et les populations locales. Au-delà des feux médiatisés, d'autres activités aggravent la dégradation, accélérée depuis l'élection en 2019 du président Jair Bolsonaro. Des organisations comme Rainforest Alliance plaident pour un renforcement des régulations contre l'agriculture destructrice et l'exploitation illégale, tout en soutenant les initiatives locales de protection.
À partir de sources fiables comme des rapports et études récents, nous avons identifié les 10 plus grandes menaces pour cette forêt vitale. Découvrez-les ci-dessous.
1 / 10 L'Institut national brésilien de recherche spatiale (INPE) a recensé 74 155 incendies en Amazonie en 2019 jusqu'à présent, soit +85 % par rapport à 2018. Ces feux détruisent la biodiversité – certaines espèces ne peuvent fuir – et libèrent du carbone, accélérant le réchauffement climatique.
Élu en janvier 2019, le président brésilien nie le changement climatique et promeut la déforestation et l'exploitation minière en Amazonie. Il a limogé le directeur de l'INPE pour des données défavorables et affaibli la protection des communautés indigènes.
La déforestation s'est intensifiée sous Bolsonaro, atteignant près de 4 000 km² en juillet 2019 (INPE), avec +88 % en juin vs 2018. Soutenue par l'industrie forestière et agricole, elle contredit l'engagement brésilien de reboiser 12 millions d'hectares d'ici 2030 via l'Accord de Paris.
L'agriculture drive la déforestation : 450 000 km² d'Amazonie brésilienne sont des pâturages bovins (20 % de la viande mondiale). Le soja occupe 25 millions d'hectares (2e producteur mondial). Les feux préparent ces terres, liant consommation de viande et destruction forestière.
L'extraction d'or illégale ravage la forêt : 101 000 ha à Madre de Dios (Pérou) depuis 1980, plus 170 000 ha en Amérique du Sud. Utilisé dans smartphones et ordinateurs, l'or pollue via le mercure qui contamine eaux et sols.
75 % de l'électricité brésilienne est hydroélectrique (2e mondial). Ces barrages sur l'Amazone perturbent la reproduction des poissons, la nutrition des sols et causent des inondations, malgré leur rôle supposé dans le développement.
De l'artisanale à l'industrielle, la surpêche menace les espèces : dauphins amazones chassés pour leur viande ou appâts, Arapaima au bord de l'extinction.
Le commerce légal pèse 128 M$, l'illégal plus encore : orchidées, peaux, œufs d'aras hyacinthes (4 300 individus restants). Combiné à la perte d'habitat, il déséquilibre l'écosystème.
Routes et autoroutes facilitent l'accès destructeur : 95 % de la déforestation à <6 km d'une route (Pérou). La Transamazonienne (1972) a ouvert la voie ; une nouvelle au Pérou (2017) menace 680 000 acres.
Sous Bolsonaro, hostilité envers les indigènes : assassinats (Emyra Wajãpi par mineurs, Maxciel Pereira dos Santos). Invasion de terres protégées, feux dévastateurs, risques d'épidémies pour isolés.
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