Les espèces d'arbres domestiquées depuis des millénaires demeurent omniprésentes dans la forêt tropicale amazonienne.

La forêt amazonienne est loin d'être une nature vierge, selon une étude internationale publiée dans Science. Les espèces d'arbres domestiquées par les peuples autochtones avant le XVIe siècle y sont toujours surreprésentées en abondance.
Des scientifiques ont analysé plus de 1 000 parcelles du réseau Amazon Tree Diversity, en se focalisant sur 85 espèces connues pour avoir été domestiquées depuis des milliers d'années, comme le cacao, la noix du Brésil et l'açaï.

Ces espèces domestiquées sont cinq fois plus susceptibles d'être dominantes que les autres. « Sur les 5 000 espèces recensées dans nos parcelles, 227 sont 'hyperdominantes', représentant plus de la moitié des souches », explique Hans ter Steege du Naturalis Biodiversity Center, co-auteur de l'étude. « Par pur hasard, on s'attendrait à ce que seulement 4 des 85 espèces domestiquées le soient (227/5 000). Or, 20 l'étaient réellement, suggérant l'impact humain sur 15 espèces. »
Une seconde analyse confirme cela : en superposant la répartition des espèces à une carte de plus de 3 000 sites archéologiques, les chercheurs ont observé une concentration accrue d'espèces domestiquées autour de ces sites.
Les arbres amazoniens sont en grande partie un legs des anciens habitants, concluent les experts. « On imagine souvent la forêt tropicale comme un bastion de nature intacte, mais ce n'est pas le cas pour de vastes zones », note Ter Steege.
