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Pourquoi la lutte aérienne contre les incendies de forêt est si périlleuse pour les pilotes de l'US Air Force

Cet article a été initialement publié sur Task & Purpose.

Note de l'éditeur : cet article fait partie de Semaine Guerre et Climat, une série d'histoires explorant comment l'armée américaine fait face aux conditions météorologiques extrêmes, à l'élévation du niveau de la mer et au réchauffement planétaire.

Oubliez les clichés des films : voler bas et lentement à bord d'un gros avion à voilure fixe est une prouesse technique. C'est encore plus ardu au cœur des montagnes, où le temps est capricieux et le relief impitoyable. Imaginez un espace aérien surchargé, où une collision est à craindre à tout moment, une moitié obscurcie par la fumée, et un incendie furieux à l'extrémité de l'aile, avec des flammes dépassant 30 mètres de hauteur.

Cette situation extrême explique pourquoi les pilotes expérimentés de l'US Air Force considèrent la lutte aérienne contre les incendies comme l'une des missions les plus exigeantes hors combat. Pourtant, les membres de la 302e Escadre de transport aérien y participent régulièrement, mobilisés par les autorités pour prêter main-forte lors d'incendies dévastateurs frappant le pays tout au long de l'année.

"Il faut être six à bord d'un C-130H pour opérer en parfaite synchronisation, avec une compétence absolue", explique le lieutenant-colonel Richard Pantusa, responsable de la lutte aérienne contre les incendies à la 302e. Cette escadre pilote le C-130 Hercules, avion de transport quadrimoteur polyvalent capable d'atterrir sur la neige, de tirer des obus de 105 mm ou de voler dans des ouragans. Même lui exige un équipage rodé pour des missions basses et lentes en toute sécurité.

"À 45-60 mètres du sol et 220 km/h... ces paramètres sont impitoyables", ajoute Pantusa (120 nœuds équivalent à environ 222 km/h). Le pilote maintient vitesse, altitude, cap et configuration impeccables. Le copilote scrute lignes électriques, oiseaux ou fumées surgissant du sol. Le navigateur anticipe les reliefs pour atteindre la cible ; l'ingénieur surveille l'appareil ; les chargeurs gèrent le système MAFFS (Modular Airborne Fire Fighting System), larguant 11 000 livres de retardant en moins de cinq secondes, soit 3 000 gallons d'ignifugeant.

"Chacun a un rôle vital, interconnecté", insiste-t-il.

Mais ces équipages militaires, entraînés au combat, ne sont pas spécialisés dans cette mission. La 302e est une unité de transport tactique de réserve, et le largage tactique diffère fondamentalement de la lutte aérienne contre les feux.

Le programme MAFFS naît de la catastrophe de l'incendie de Laguna en 1970 (175 000 acres, 16 morts, 400 bâtiments détruits). Le Congrès l'institue : le Service forestier US fournit le système et l'ignifugeant ; le Département de la Défense, avions et équipages.

Si la plupart des opérations relèvent d'entrepreneurs civils (10 Tanker, Coulson Aviation), MAFFS active huit C-130 militaires en cas de surcharge, comme en 2021 avec sept régions FEMA touchées.

"La flotte civile était à saturation. Nous sommes l'équipe d'intervention rapide", résume Pantusa.

La 302e (Réserve) et trois escadres de la Garde nationale aérienne (146e CA, 152e NV, 153e WY) sont prêtes, avec deux C-130 chacune. "48 heures pour être sur site", précise-t-il.

À l'arrivée, l'espace aérien grouille : largueurs en file, RC-26 de surveillance, hélicoptères, drones. Provenant du monde entier, ils adoptent des standards OTAN-like pour la sécurité.

"Comme une opération OTAN : multiculturalisme opérationnel", dit Pantusa.

Le C-130 suit les directives du commandant d'incendie pour larguer l'ignifugeant en prévention, non en attaque directe. "Nous ralentissons la progression pour les équipes au sol", explique-t-il.

Le largage basse altitude (150 pieds) assure une dispersion pluie-like. Le MAFFS déverse 3 000 gallons (28 000 livres) de "slurry" rouge (85 % eau, sulfate d'ammonium, gélifiant) couvrant 400 m x 18 m. En boucle : largage, recharge en 15 min (équipe NASCAR-style). Jusqu'à 15 missions/jour.

Flexibilité primordiale : vent ou fumée peuvent annuler. Un "lead plane" guide.

"Ils valident avant notre passage à 68 tonnes", note Pantusa.

Rotations hebdomadaires anti-burnout. En 2021, aide au Dixie Fire (963 000 acres, record californien).

Lt Col Patrick McKelvey (ex-F/A-18 Marine, Nevada ANG) : "Aussi dur qu'un appontage nocturne. Unique, bas, lourd, chaud, montagneux. Parmi les vols les plus risqués."

Avec le climat, saisons allongées (EPA : +fréquence, étendue, intensité via sécheresse). Mais activation MAFFS variable (flotte civile croissante, localisation).

"Fierté et tragédie : petit-déjeuner avec sinistrés", confie Pantusa. "Formation et partenariats font la différence."

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