L'administration Biden a restauré, le 19 avril, une disposition clé de la National Environmental Policy Act (NEPA), affaiblie sous Donald Trump. Cette mesure oblige les projets d'infrastructure à évaluer plus largement leurs impacts environnementaux, surtout près des communautés déjà polluées.
Cette initiative s'inscrit dans une série de politiques de la Maison Blanche pour contrer le changement climatique, en incitant les décideurs fédéraux et entreprises à intégrer les coûts d'une planète en surchauffe.
Le coût du réchauffement est colossal : Deloitte estime des pertes de 14,5 billions de dollars pour les États-Unis sur 50 ans en cas de hausse de 3 °C. Pourtant, les analyses coûts-avantages peinent à l'inclure, face à l'opposition des industries fossiles, États et BTP.
Pour les grands projets nécessitant des permis fédéraux (barrages, autoroutes, pipelines), la NEPA impose une analyse environnementale approfondie. La nouvelle règle élargit cette évaluation aux émissions de CO2, habitats fauniques et effets indirects, comme la pollution d'une nouvelle autoroute. Trump l'avait limitée aux effets « raisonnablement prévisibles » (assèchement de zones humides, pollution chantier).
Elle intègre aussi les « effets cumulatifs » sur les communautés vulnérables, renforçant la justice environnementale chère à Biden.
D'après The New York Times, l'administration applique déjà ces critères, mais la règle officialise un processus durable, résistant aux recours judiciaires probables.
Ces politiques poussent agences et entreprises à chiffrer les coûts carbone.
Dès l'investiture de Biden, le « coût social du carbone » de l'ère Obama (51 $ la tonne) a été rétabli, intégrant inondations, pertes agricoles et maladies.
Utilisé dans les analyses coûts-avantages, il freine les projets émetteurs. Des États pétroliers, menés par la Louisiane, contestent, mais la Cour suprême tranchera. Selon le Wall Street Journal, ces litiges retardent ventes de permis et subventions vertes.
En mars 2022, la SEC impose aux sociétés cotées de divulguer risques et émissions climatiques, protégeant investisseurs.
Pour Meta ou Google, cela inclut submersion des sièges ; pour AWS, émissions des clients pétroliers.
Sans réduire directement les émissions (Build Back Better avorté), ces mesures confrontent gouvernements et firmes aux coûts climatiques actuels.