Des chercheurs ont réussi à corriger de manière permanente deux mutations responsables de la mucoviscidose (ou fibrose kystique) dans des mini-intestins cultivés en laboratoire.
La mucoviscidose est une maladie héréditaire fréquente causée par des mutations du gène CFTR. Celles-ci empêchent une hydratation adéquate du mucus dans les poumons et les intestins, produisant un mucus épais qui entrave la respiration et la digestion, favorisant les infections bactériennes.
Le gène CFTR code un canal ionique essentiel dans les cellules pulmonaires et intestinales. Ce canal, tel un verrou microscopique dans la membrane cellulaire, régule le passage des ions chlorure et bicarbonate, cruciaux pour l'hydratation du mucus. Dans la mucoviscidose, ce canal dysfonctionne.
Des chercheurs de l'Université de Trente ont mis au point des ciseaux CRISPR-Cas pour réparer ces mutations. À la KU Leuven, ils ont intégré ces outils dans des organoïdes – mini-intestins tridimensionnels issus de biopsies de patients atteints – et développé des virus dépouillés pour les transporter dans les cellules.
Pour vérifier l'efficacité, les équipes ont observé si les organoïdes gonflaient. « Lorsque les canaux s'ouvrent, les ions chlorure attirent l'eau par osmose, provoquant ce gonflement », explique Marianne Carlon, chercheuse à la KU Leuven.
« Les chercheurs sont convaincus qu'à l'avenir, cette technique pourrait réparer les mutations non seulement de la mucoviscidose, mais aussi d'autres maladies génétiques. »
Des études supplémentaires sont nécessaires avant une application clinique. Cette approche prometteuse ouvre des perspectives pour d'autres pathologies génétiques.
L'image ci-dessus montre une coupe transversale de mini-intestins gonflés, confirmant la restauration de la fonction de la protéine CFTR.