Des scientifiques du VIB et de la KU Leuven ouvrent la voie à un traitement innovant contre les infarctus cérébraux.

Des chercheurs du VIB et de la KU Leuven ont identifié la protéine PHD1, une cible prometteuse pour un nouveau traitement des infarctus cérébraux.
Le blocage du capteur d'oxygène PHD1 protège contre les lésions cérébrales irréversibles lorsque les vaisseaux sanguins ne parviennent plus à acheminer oxygène et nutriments essentiels vers les cellules cérébrales. Le cerveau, plus que tout autre organe, dépend massivement d'oxygène et de glucose pour son fonctionnement et sa survie, ces deux éléments constituant sa source exclusive d'énergie.
L'infarctus cérébral, ou accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique, résulte d'un blocage des artères cérébrales. Cette interruption de l'apport sanguin déséquilibre le métabolisme énergétique, entraînant la mort cellulaire. En Belgique, il touche 25 000 personnes par an, occupant la quatrième place parmi les causes de mortalité et la première pour les handicaps graves. Cette nouvelle approche offre un espoir majeur.
Sous la direction du professeur Peter Carmeliet et du Dr Annelies Quaegebeur, les chercheurs ont démontré que les cellules cérébrales détectent et s'adaptent à la pénurie d'oxygène et de nutriments grâce à PHD1.
Taille de l'infarctus réduite de 70 %
Dans des expériences en laboratoire, les souris dépourvues de PHD1 se sont révélées protégées contre l'infarctus cérébral induit par un blocage de l'artère principale alimentant le cerveau. La taille des lésions était réduite jusqu'à 70 %, un effet protecteur exceptionnel. De surcroît, ces animaux présentaient de bien meilleurs résultats aux tests fonctionnels post-AVC.
"Cette méthode représente un véritable changement de paradigme dans le traitement des AVC."
"Ces résultats confirment pour la première fois que l'inhibition de PHD1 offre une protection significative contre les lésions cérébrales irréversibles en cas d'ischémie", souligne le professeur Carmeliet.
Traiter la cause plutôt que les symptômes
En cas d'hypoxie, les cellules cérébrales produisent des radicaux d'oxygène toxiques qui provoquent leur destruction. Les traitements actuels ciblent principalement ces effets secondaires, négligeant souvent la cause profonde.
Le laboratoire de Peter Carmeliet et Annelies Quaegebeur adopte une stratégie novatrice : exploiter les capacités intrinsèques des cellules cérébrales pour neutraliser ces radicaux. L'inhibition de PHD1 reprogramme le métabolisme glucidique en hypoxie, protégeant ainsi les cellules des dommages oxydatifs.
"Grâce à cette reprogrammation, les cellules sans PHD1 neutralisent mieux les radicaux libres, prévenant les AVC. C'est un paradigme inédit", explique Annelies Quaegebeur. Les résultats chez la souris suggèrent un potentiel clinique, mais des études supplémentaires sont nécessaires pour en préciser l'application thérapeutique.
[]