Pour nettoyer les océans des explosifs, la Royal Navy britannique mise sur les robots. Le 12 avril, le ministère de la Défense a accordé 32 millions de livres sterling (environ 42 millions de dollars) à Atlas Elektronik, société basée dans le Dorset, afin d'équiper la flotte d'une "capacité autonome de chasse aux mines". Ces robots permettront de sécuriser les voies navigables pour les missions militaires, puis pour les usages commerciaux et civils.
"La menace des mines marines évolue constamment", déclare Simon Bollom, PDG du Defence Equipment and Support Board du Royaume-Uni, dans un communiqué.
Pour contrer cette menace, la Royal Navy acquiert neuf véhicules robotiques équipés de sonars à synthèse d'ouverture et de logiciels avancés. Baptisés navires sous-marins autonomes moyens (MSV) en service, ils sont dérivés du SeaCat d'Atlas Elektronik, un robot modulaire en forme de torpille, doté de capteurs interchangeables.
Le SeaCat opère en eaux peu profondes (moins de 2 mètres) en surface, et descend jusqu'à 600 mètres, couvrant jusqu'à 37 km en mode autonome. Le modèle de base offre 10 heures d'autonomie sous-marine à 5,6 km/h. Son sonar à ouverture synthétique fournit des images haute résolution des objets sous-marins, idéal pour les levés bathymétriques et la détection de mines.
La menace est bien réelle : fin mars, des plongeurs turcs ont neutralisé une mine dérivée sur la côte de la mer Noire. L'agence russe de renseignement l'attribue à l'Ukraine, qui dément. Il s'agissait d'un modèle ancien, potentiellement issu d'un conflit passé ou réactivé récemment.

Comme les mines terrestres, les mines marines associent explosif et détonateur, attendant une condition spécifique pour exploser. En temps de guerre, elles bloquent ports et détroits, rendant tout passage périlleux.
Apparues dans les années 1870, les mines modernes résolvent le défi de la corrosion marine. Sphères explosives à tiges saillantes, elles se déclenchaient au contact, via une fiole brisée activant une charge électrique. Ancrées ou flottantes, elles guettaient les navires.
Il y a plus d'un siècle, Popular Science (janvier 1916) détaillait la fabrication de mines à durée limitée et leur neutralisation via fusibles électriques.
Trouver les mines relevait initialement de petits bateaux à risque élevé pour les équipages. Les mines se sophistiquent : dès la Première Guerre mondiale, déclencheurs acoustiques, magnétiques ou hydrodynamiques. Le déminage contemporain gère thus les technologies anciennes et modernes.
Comme en Turquie, les plongeurs humains neutralisent souvent ces explosifs, combinant risques terrestres et défis subaquatiques (visibilité réduite). Les robots téléguidés minimisent ces dangers.
Le Royaume-Uni et la France investissent déjà dans des robots de neutralisation : une fois localisée, une mine est équipée d'un explosif par un véhicule dédié, qui s'éloigne avant détonation.
Les nouveaux robots de la Royal Navy optimisent la détection autonome, libérant les humains pour le contrôle à distance et les détonations. Ils scannent l'océan pour identifier tous les explosifs résiduels.
Tandis que les mines marines demeurent pertinentes en conflit et persistent post-guerre, les marines dotées de technologies de déminage préviendront les tragédies maritimes.
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