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Ours polaires des zoos : des recherches captivantes pour la conservation en Arctique

Les ours polaires, pouvant mesurer jusqu'à 2,4 mètres de long et peser 770 kg, sont les plus grands carnivores terrestres de la planète. Comprendre ces prédateurs emblématiques reste un défi pour les scientifiques, car la plupart vivent dans des régions inaccessibles au-delà du cercle polaire arctique. Heureusement, les zoos offrent une alternative précieuse pour observer ces animaux.

Bien que les ours polaires en captivité servent avant tout à l'éducation et au divertissement, un groupe de chercheurs les étudie pour protéger leurs congénères sauvages menacés par le réchauffement climatique. Depuis 2018, le Polar Bear Research Council (PBRC), en partenariat avec le Species Survival Plan (SSP) de l'Association of Zoos and Aquariums (AZA), analyse ces animaux. Le 26 janvier, le PBRC a publié son plan directeur de recherche 2022, détaillant les études en cours et les priorités futures.

Les zoos facilitent l'accès aux ours polaires, permettant de collecter plus de données que dans l'Arctique sauvage, explique Terri Roth, coprésidente du comité directeur du PBRC et vice-présidente de la conservation au Zoo et Jardin botanique de Cincinnati. Les ours sauvages, présents en Alaska, Russie, Canada, Groenland et Norvège, évoluent dans des conditions extrêmes. Leur solitude, force et méfiance envers les humains compliquent les observations, souvent coûteuses et sporadiques. En zoo, les chercheurs accèdent aux dossiers médicaux complets et surveillent les comportements en continu sur des années.

"C'est une opportunité unique pour recueillir des données détaillées et des échantillons biologiques, impossibles à obtenir régulièrement sur les ours sauvages", souligne Roth. Bien que les animaux captifs diffèrent des sauvages, ces écarts servent de population témoin. Par exemple, on peut comparer l'exposition aux toxines chez les sauvages avec des ours de zoo non exposés.

Cependant, les zoos manquent souvent de ressources pour choisir les études. "Nous recevons de nombreuses demandes, mais notre temps est limité", note Roth. Le rapport du PBRC guide les priorités en validant des projets sur la surveillance, l'écologie physiologique, comportementale et la reproduction. Les zoos privilégient ces initiatives approuvées.

Ours polaires des zoos : des recherches captivantes pour la conservation en Arctique

L'un de ces projets, "Burr on Fur", réunit Polar Bears International (PBI), partenaire du PBRC, et 3M pour développer un traceur fixable à la fourrure. Les colliers satellites actuels ne conviennent qu'aux femelles adultes : les mâles ont un cou trop large, et les juvéniles grandissent trop vite. Certains groupes autochtones les jugent irrespectueux, et les étiquettes auriculaires blessent les animaux.

Les traceurs "Burr on Fur" s'accrochent comme des bavures végétales, sans nuisance, et conviennent à tous. Dix-sept ont été testés sur des ours sauvages dans la baie d'Hudson (Canada) et chez neuf zoos. Le modèle tri-brush, triangulaire avec bords spiralés comme un cahier, intègre un chenille métallique pour emmailloter la fourrure.

"Nous l'appliquons confortablement sur le dos", précise Geoff York, directeur principal de la conservation chez PBI. Les zoos testent la durabilité : les ours captifs, plus attentifs, retirent vite les dispositifs. Les tri-brush tiennent 14 jours en captivité et 52 jours chez les sauvages. Bien que l'objectif soit six mois, ces données sont précieuses, et les prototypes évoluent.

"Les zoos mènent une science de qualité sur la faune, souvent méconnue du public", conclut Roth. "C'est idéal pour approfondir notre connaissance des espèces inaccessibles en nature."

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