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Ours polaires : une consommation d'énergie plus élevée que prévu, menacée par la fonte des glaces

Un bébé phoque par jour : c'est la ration nécessaire à un ours polaire pour maintenir son poids. Mais la chasse devient de plus en plus exigeante.

Ours polaires : une consommation d énergie plus élevée que prévu, menacée par la fonte des glaces

Les ours polaires dépensent plus d'énergie que l'on imaginait, selon une étude menée par des scientifiques américains et publiée dans la revue Science. Ces résultats éclairent l'impact de la fonte de la banquise sur ces animaux emblématiques.

Vivant sur de vastes territoires de milliers de kilomètres carrés, les ours polaires chassent les phoques sur la banquise, alternant périodes d'abondance et jeûne. Jusqu'ici, leur besoin énergétique précis restait méconnu.

Neuf ours polaires de la mer de Beaufort (nord du Canada et de l'Alaska) ont été équipés de GPS, caméras et capteurs de mouvement. Suivis pendant 8 à 11 jours, leur métabolisme a été mesuré via des isotopes d'hydrogène et d'oxygène.

Équivalent à 220 Big Macs

Leur taux métabolique s'avère 1,5 fois supérieur aux estimations précédentes. Un ours nécessite environ 12 000 kilocalories par jour pour stabiliser son poids – l'équivalent de 220 Big Macs, selon Science. Bien sûr, ils préfèrent les phoques annelés et barbus, riches en graisses énergétiques.

Pour combler ses besoins, un ours doit capturer un phoque adulte, trois jeunes ou 19 petits tous les 10 à 12 jours. Cela correspond aux observations : un phoque adulte tous les 5 jours environ.

Au-delà du seuil de rentabilité, le printemps est crucial pour stocker des réserves de graisse en vue de la saison de disette. Pourtant, sur neuf ours suivis, quatre ont gagné 10 % de poids, tandis que cinq en ont perdu.

Réchauffement climatique

Cette recherche explique les difficultés des ours polaires dans certaines régions. La banquise se rétrécit, fond plus tôt au printemps et se reforme tardivement en automne. Chasser les phoques exige alors plus d'énergie. Le réchauffement climatique complique ainsi leur survie.

Aujourd'hui, environ 23 000 ours polaires peuplent l'Arctique. Certaines projections prévoient une baisse de 30 % de leur population d'ici 30 ans.


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