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Gaspillage alimentaire aux États-Unis : comment le compostage peut freiner les émissions de méthane

Le gaspillage alimentaire pèse non seulement sur votre budget, mais aussi sur le climat. Lorsque vous jetez des restes à la poubelle, ils finissent souvent en décharge, où ils contribuent significativement à la crise climatique.

En décharge, les déchets organiques ne se décomposent pas naturellement comme en pleine air. Entassés avec d'autres déchets, ils subissent une décomposition anaérobie produisant du méthane, un puissant gaz à effet de serre bien plus réchauffant que le CO₂ sur 20 ans, selon le GIEC.

L'EPA (Environmental Protection Agency) estime qu'environ 35 % de l'approvisionnement alimentaire américain est gaspillé, dont la moitié au niveau des ménages ou des services alimentaires. ReFED, organisation experte en réduction du gaspillage, qualifie les déchets alimentaires de « principal contributeur aux émissions de méthane des décharges ».

En 2019, les décharges municipales représentaient 15 % des émissions de méthane aux États-Unis (troisième source principale). En 2018, les restes alimentaires formaient 24 % des matériaux en décharge, d'après l'EPA. Seulement 4 % des déchets alimentaires étaient compostés cette année-là.

Le compostage, en milieu oxygéné, évite ces émissions. Les experts appellent à une adoption massive pour lutter contre le changement climatique.

Renforcer le financement public

Des États comme le Vermont interdisent les restes alimentaires en décharge (conformité volontaire). Washington durcit ses objectifs de réduction du gaspillage et introduit de nouvelles normes d'étiquetage. D'autres États suivent avec des législations ambitieuses, selon le US Composting Council.

« De nombreuses lois restreignent les déchets alimentaires en décharge, obligeant au compostage », explique Lauren Gropper, fondatrice de Repurpose. Les États devront financer les infrastructures locales.

Frank Franciosi, du US Composting Council, plaide pour un investissement fédéral de 2 milliards de dollars afin de créer 800 à 1 000 sites traitant 50 000 tonnes de déchets organiques par an. L'EPA intègre ces financements dans son budget global de gestion des déchets, sans ligne dédiée.

Adapter programmes et messages, et valoriser les économies

Les arguments économiques motivent : moins de déchets en décharge réduit les coûts pour les contribuables. Le compost produit remplace engrais et fumiers achetés, voire génère des revenus, selon Susanne Lee, experte en commerce durable à l'Université du Maine.

« Le compostage est une proposition unificatrice si bien messagée », dit-elle. Adaptez aux communautés : poubelles lors d'événements sportifs, collectes en bord de rue ou vouchers pour bacs. « Rendez-le aussi simple que les ordures », conseille Brenda Platt de l'Institute for Local Self-Reliance.

Même en zones rurales, soutenez le compostage domestique avec équipements et formations.

Éduquer adultes et enfants

Le défi : rappeler la valeur de la nourriture. Lier impôts, économies et bénéfices environnementaux incite au changement, observe Lee lors de ses ateliers.

Campagnes de publipostage ciblées boostent l'adoption, selon Gropper. Éduquez les enfants : un programme pilote à l'Université du Maine utilise vidéos, diaporamas et activités pour la maternelle au primaire. « Les enfants saisissent vite la décomposition et le compostage », témoigne Hannah Mathieu.


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