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Incendies de forêt en Ouest américain : explosion de la pollution par PM2,5 et ozone

L'Ouest des États-Unis connaît une hausse spectaculaire de deux polluants issus de la fumée des feux de forêt depuis 2000, selon une étude récente.

Les chercheurs ont analysé les données sur les particules fines (PM2,5) et l'ozone de 2000 à 2020. Ils ont observé une augmentation de la fréquence, de la surface couverte et de la durée des épisodes où les concentrations extrêmes des deux polluants coïncident. Une corrélation forte existe avec les zones brûlées par les incendies : l'étendue maximale des terres affectées par ces conditions a plus que doublé en 20 ans.

"Compte tenu du changement climatique, ces tendances devraient perdurer. Il est essentiel de sensibiliser et de se protéger contre cette pollution croissante", explique Dmitri Kalachnikov, doctorant en sciences de l'environnement à la Washington State University Vancouver. Ses résultats, publiés le 5 janvier dans Science Advances, soulignent l'urgence.

Les feux de forêt libèrent des composés toxiques favorisant maladies cardiovasculaires et respiratoires, dont les PM2,5 (particules < 2,5 micromètres) et l'ozone, formé par réactions avec d'autres polluants. L'exposition simultanée amplifie les risques, indiquent les études.

Auparavant, les PM2,5 culminaient en hiver dans des poches d'air stagnantes. Les feux de forêt, exacerbés en été par le climat, ont tout changé : ozone et PM2,5 explosent désormais ensemble sous l'effet de chaleurs persistantes.

L'équipe a cartographié une vaste région de l'Est du Colorado à la côte Ouest via une grille de cellules 1° x 1°. Chaque année, ils ont ciblé les 10 % des jours les plus pollués en PM2,5 et ozone, révélant des cooccurrences en hausse de juillet à septembre. Résultat : +25 millions de jours-personnes exposés annuellement.

[Connexe : le Colorado vient de connaître son incendie de forêt le plus destructeur de tous les temps, au milieu de l'hiver]

Les dômes de chaleur, plus fréquents et durables, favorisent feux et accumulation de polluants. Une corrélation solide lie pollution extrême aux brûlis récents (Ouest US et Sud-Ouest Canada) et aux températures élevées.

"C'est une tempête parfaite : météo extrême et feux intenses génèrent plus de fumée et d'exposition", résume Kalachnikov.

Prochaines recherches : évolution sous climat futur, impact du type de végétation. Limite : réseau de monitoring clairsemé ; plus de stations nécessaires pour précision accrue.

"Étudier ces cooccurrences reste complexe", note Daniel Jaffe, chimiste à l'Université de Washington (non impliqué). Son équipe nota des pics décalés auparavant. Ce travail marque un progrès, mais questions persistent sur interactions fumée/urbanité.

La pollution s'aggrave ; priorités : qualité air intérieur, brûlis dirigés, gestion forestière. "En Ouest, adaptons-nous aux feux", urge Jaffe.

Sensibiliser est clé pour politiques protectrices (travailleurs extérieurs, agricoles), conclut Kalachnikov.


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