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Hydroliennes : l'énergie marémotrice, une source renouvelable fiable et prévisible

La demande en énergie propre et fiable ne cesse de croître. Si l'éolien et le solaire dominent les discussions sur les renouvelables, ils souffrent d'un défaut majeur : l'intermittence.

Comme le montrent les bulletins météo, de nombreux jours sont sans soleil ni vent, limitant la production des panneaux solaires et éoliennes. Les défis du stockage à long terme persistent, poussant certains pays à recourir aux combustibles fossiles, toujours fiables, indépendamment des conditions climatiques.

Des entreprises innovent avec les hydroliennes, turbines océaniques exploitant les courants marins et marées plutôt que le vent. L'océan, en perpétuel mouvement, offre un flux constant – une charge de base – que les autres renouvelables peinent à égaler. Récemment, les ingénieurs japonais d'IHI Corp ont testé un prototype de 330 tonnes près du courant de Kuroshio, potentiellement capable de 200 GW, soit 60 % de la capacité japonaise selon la New Energy and Industrial Technology Development Organization.

L'an dernier, Orbital Marine Power a raccordé avec succès sa turbine de 700 tonnes au réseau d'Orkney, en Écosse. En 2019, quatre turbines écossaises ont alimenté sans interruption 4 000 foyers pendant la plus longue période enregistrée pour cette technologie.

Voici l'essentiel sur cette énergie marine en plein essor.

Comment fonctionnent les hydroliennes

Le principe est simple, proche de celui des éoliennes : le mouvement de l'eau fait tourner les pales pour générer de l'électricité.

"Que le fluide soit de l'eau ou de l'air, les principes d'ingénierie et équations sont identiques pour optimiser la turbine", explique Petter Karal, PDG de Seatower AS, spécialiste des fondations éoliennes offshore.

L'attraction gravitationnelle de la Lune crée des "forces de marée", gonflant océans et continents. Ces marées hautes, deux fois par jour, génèrent des courants prévisibles, influencés aussi par température, salinité et vent – comme des vents sous-marins.

Ces courants activent les hydroliennes, souvent semblables à des hélices de navires. Elles s'adaptent à diverses profondeurs : fixes au fond comme le modèle japonais, ou flottantes comme l'O2 d'Orbital Marine, utilisant des "jambes" robotisées en surface.

Avantages et défis de l'énergie marémotrice

Prévisible grâce aux cycles lunaires stables malgré le changement climatique, elle offre un potentiel mondial de 3 000 GW (estimation 2004). Son impact écologique est faible : des études du European Marine Energy Centre (EMEC) en Écosse montrent, après 10 000 heures de monitoring, un effet minime sur faune et oiseaux. La densité de l'eau permet une rotation lente, réduisant les risques. Orbital Marine étudie aussi les impacts acoustiques de ses O2.

Cependant, les sites idéaux sont limités aux zones à forts courants : îles britanniques, détroit anglo-normand, Messine (Italie-Sicile), Asie du Sud-Est, îles grecques, côtes canadiennes.

La maintenance pose challenge : structures géantes (O2 : 73 m) devant résister aux mers agitées. "Les réparations coûtent des milliers à centaines de milliers de dollars, prenant jours ou semaines, même pour enlever des bernacles", note Sarah Clark d'Orbital Marine Power.

Absence de standardisation, coûts de tests et permis compliquent le déploiement. Pourtant, comme l'éolien et solaire jadis, les hydroliennes promettent électricité 24/7 à émissions quasi nulles – un saut vers l'avenir.

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