Au début du Ve siècle, à la fin de l'Empire romain d'Occident, une supernova illuminait le ciel de l'hémisphère sud. Cet événement stellaire spectaculaire n'a malheureusement laissé aucune description écrite.
Ce composite coloré révèle les vestiges de l'étoile explosée, capturés par des observations modernes. Les couleurs sont artificielles : l'anneau bleu-violet représente les rayons X invisibles détectés par le satellite européen XMM-Newton. Au centre, des filaments de gaz stellaire expulsé apparaissent en vert clair, dus à des atomes d'oxygène surchauffés.

L'anneau rouge plus petit contient du néon et de l'oxygène. Au cœur se trouve une source compacte de rayons X (violet) : une jeune étoile à neutrons, reliquat brûlant de l'étoile originelle.
Début 2022, lors de la 237e réunion virtuelle de l'American Astronomical Society (AAS), des astronomes ont présenté de nouvelles mesures du résidu 1E 0102.2-7219. Les vitesses de 22 amas de gaz compacts ont été évaluées à plus de 3 millions de km/h en moyenne. En remontant le temps, ils ont daté l'explosion à environ 1 700 ans.
Ce résidu se situe dans le Petit Nuage de Magellan, galaxie naine satellite de la Voie lactée, à 200 000 années-lumière. L'éclat de la supernova a donc mis 200 000 ans à nous parvenir, remontant à l'émergence des premiers Homo sapiens en Afrique.