Les scientifiques ont identifié les zones cérébrales actives lors d'acouphènes, ces "sons fantômes" qui perturbent des millions de personnes. Contrairement aux sons réels, ils activent bien plus que les régions auditives.

Une étude pionnière révèle les régions cérébrales impliquées dans les acouphènes, avec une activation étendue au-delà des aires auditives.
Une personne sur cinq souffre d'acouphènes à un moment donné. Ces perceptions varient d'un léger bourdonnement à des bips intenses et persistants. Leur traitement est complexe en raison de causes multiples. Des chercheurs des universités de Newcastle et de l'Iowa ont cartographié précisément les zones cérébrales concernées. Leurs résultats, publiés dans Current Biology, marquent une avancée significative.
L'observation clé : les acouphènes s'étendent largement au-delà des régions auditives. En comparant l'activité lors d'acouphènes réels et de sons simulés via IRM, les scientifiques ont noté une activation beaucoup plus vaste pour les vrais acouphènes. "Recréer le son fantôme active une zone cérébrale bien plus petite que lors d'acouphènes réels", explique Will Sedley, de l'université de Newcastle. Phillip Gander, son collègue, précise : "Les acouphènes ne se limitent pas à compenser la perte auditive ; ils s'infiltrent profondément dans le cerveau."
Cette recherche unique a été menée sur un patient de 50 ans équipé d'électrodes pour épilepsie sévère, qui souffrait aussi d'acouphènes. "Un tel cas avec surveillance invasive est rarissime", souligne Gander. Les chercheurs ambitionnent d'étudier d'autres volontaires consentants. (cg)
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