Une météorite d'origine double, tombée en Inde il y a plus d'un siècle et demi, révèle une enfance turbulente du système solaire.
Le 23 janvier 1870, les habitants du village de Nedagolla, sur la côte est de l'Inde, ont été surpris par un éclair aveuglant suivi d'une violente détonation. Peu après, une météorite ferreuse de 4 kg a été découverte.
Les météorites sont des fragments d'astéroïdes et d'autres petits corps célestes. Les géochimistes utilisent l'analyse isotopique pour déterminer leur provenance : système solaire interne (ceinture d'astéroïdes entre Mars et Jupiter) ou régions externes, au-delà de Jupiter.
Cependant, Nedagolla est un cas intermédiaire. Son "corps parent" résulte de la collision et de la fusion de deux objets issus de régions distinctes du système solaire, selon Fridolin Spitzer de l'Université de Münster, dans Meteoritics & Planetary Science.

Les modèles théoriques évoquent un mélange de matériaux internes et externes durant la jeunesse du système solaire, dû aux perturbations gravitationnelles de Jupiter. L'étude de Nedagolla confirme cette hypothèse.
Plus récemment, le 28 février 2020, une boule de feu éclatante a traversé le ciel de Slovénie, Croatie, Italie, Autriche et Hongrie en pleine journée. Des vidéos de caméras de surveillance et dashcams montrent une météorite se fragmentant en près de vingt morceaux.
Le plus gros fragment de la météorite Novo Mesto (du nom de son site de chute) reste introuvable. Denis Vida, de l'Université Western Ontario, a récupéré trois petits fragments, présentés à la Conférence européenne sur les sciences planétaires l'été dernier.
Novo Mesto est une météorite rocheuse ordinaire, mais originaire de la zone des astéroïdes géocroiseurs, ces objets qui s'approchent dangereusement de la Terre. Son analyse apporte des données précieuses sur ces menaces potentielles.
Image : Denis Vida
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