Vous pensez que les rayons UV disparaissent après l’été ? Détrompez-vous. Le risque de mélanome demeure élevé, même durant les mois d’hiver froids et enneigés.
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En près d’un siècle, la prévalence mondiale du mélanome a explosé. En 1930, un Américain sur 1 500 risquait ce cancer de la peau ; aujourd’hui, c’est 1 sur 74. Au Royaume-Uni, l’incidence a triplé depuis 1990.
Si les progrès en détection expliquent en partie cette hausse, elle s’explique aussi par notre exposition accrue au soleil : vacances hivernales sous les tropiques et bronzage en cabine.
Parmi les cancers cutanés, le mélanome est le plus redoutable. Contrairement au carcinome basocellulaire, traité par simple excision locale, il métastase facilement et reste la principale cause de mortalité cutanée aux États-Unis, malgré sa faible proportion (1 % des diagnostics).
Exposition solaire cumulée et coups de soleil répétés sont des facteurs de risque majeurs. Les UV abîment les mélanocytes, expliquant la vulnérabilité des peaux claires et des antécédents familiaux.
L’application d’écran solaire est instinctive en été, mais souvent négligée à l’automne. Erreur fatale : les UV s’accumulent à chaque exposition, avertissent les dermatologues.
Assurez-vous de savoir à quoi vous attendre si vous vous faites enlever un grain de beauté.
Les précautions varient selon la latitude. Plus on s’éloigne de l’équateur, plus les UV diminuent en hiver. « Dans le sud de l’Angleterre ou au Canada, la dose quotidienne d’UVA par temps clair en hiver n’est que de 15 % de celle de l’été », explique le Pr Brian Diffey, de l’association britannique des dermatologues. Les habitants reçoivent alors environ 5 % de leur exposition annuelle.
Cependant, nulle part il ne faut baisser la garde. « Appliquez un écran solaire contre la réflexion sur la neige », recommande Victoria Mar, directrice du Victorian Melanoma Service à l’hôpital Alfred de Melbourne.
Neige et glace réfléchissent jusqu’à 80 % des rayons solaires. Luge, ski, patin ou randonnée hivernale équivalent à une exposition estivale. Pour toute sortie d’une heure ou plus : chapeau, bonnet et crème solaire. « Intégrez-la à votre routine matinale », conseille Victoria Mar.
Enfin, surveillez vos grains de beauté. « La détection précoce est cruciale : survie à 5 ans de 99 % si localisé, contre 25 % si métastasé », souligne Brian Diffey. Alertez-vous sur changes de taille, forme, couleur ou anomalies. Consultez un médecin au moindre doute et adoptez ces habitudes protectrices, même par grand froid.
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