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COVID long : qui est le plus à risque de symptômes persistants ?

Certains patients ayant contracté le coronavirus présentent des symptômes persistants après leur infection. Qui est le plus vulnérable au COVID long ?

La majorité des personnes infectées par le SARS-CoV-2 développent des symptômes bénins à court terme, des affections respiratoires aiguës ou restent asymptomatiques. Cependant, certains souffrent de symptômes durables, connus sous le nom de COVID long.

Les scientifiques poursuivent leurs recherches sur le COVID long. Bien que nos connaissances progressent, de nombreuses questions demeurent. Voici un aperçu des données actuelles : qui est à risque, sa fréquence et ses effets.

Identifier les personnes à risque et les mécanismes impliqués permettrait de développer des traitements ciblés ou d'intervenir précocement pour améliorer le pronostic.

Vulnérabilité

Le COVID long se manifeste par divers symptômes comme l'essoufflement, la fatigue, les maux de tête, ou la perte d'odorat et de goût. Une étude sur 384 patients hospitalisés pour COVID-19 a révélé que 53 % étaient encore essoufflés 1 à 2 mois après, 34 % toussaient et 69 % se sentaient fatigués.

L'application COVID Symptom Study, utilisée au Royaume-Uni pour surveiller les symptômes, indique que 13 % des patients symptomatiques ont des plaintes persistantes au-delà de 4 semaines, et 4 % après 8 semaines.

Les cas graves (plus de 5 symptômes) augmentent le risque de COVID long, de même que l'âge avancé, le sexe féminin et un IMC élevé.

COVID long : qui est le plus à risque de symptômes persistants ?

Les utilisateurs de l'application sont souvent en bonne santé, rendant ces résultats surprenants : même chez les moins vulnérables, des symptômes persistent 1 à 2 mois après.

D'autres recherches préliminaires suggèrent des effets à long terme sur les organes. Sur 200 patients rétablis (âge moyen 44 ans), 32 % présentaient des lésions cardiaques légères, 33 % pulmonaires et 12 % rénales ; 25 % avaient des atteintes multiples, y compris après infections bénignes et sans comorbidités.

Investigation des symptômes à long terme

Les symptômes persistants post-viraux ont de multiples causes. Pour les organes spécifiques, les examens sont directs : ECG pour les palpitations cardiaques, tests de fonction pulmonaire pour l'essoufflement, ou analyse plasmatique/urinaires pour les reins.

La fatigue, présente dans plus de la moitié des cas post-COVID indépendamment de la gravité initiale, est plus complexe. Une étude récente montre l'absence d'inflammation systémique, excluant une infection résiduelle. Les femmes et les personnes antérieurement diagnostiquées pour anxiété ou dépression sont particulièrement touchées.

De longues recherches sur le COVID long seront nécessaires bien après la fin de l'épidémie

Si les hommes risquent plus d'infections graves, les femmes sont davantage sujettes au COVID long, peut-être en lien avec des variations hormonales. Le récepteur ACE2, cible du virus, est exprimé dans les cellules productrices d'hormones (thyroïde, surrénales, ovaires).

Certains symptômes chevauchent la ménopause ; des traitements hormonaux pourraient atténuer cela, mais des essais cliniques sont indispensables.

Il faut distinguer l'impact viral des perturbations sociétales de la pandémie. Les symptômes à long terme sont courants ; la recherche sur causes et traitements perdurera après l'épidémie.

Cet article a déjà été publié dans The Conversation.

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