Au Québec, le bilan des cancers liés à l'exposition à l'amiante est plus lourd qu'ailleurs au Canada. Rencontrez Mme SB, atteinte d'un mésothéliome pleural malin non résécable, diagnostiqué en janvier 2021. Elle partage avec Sélection.ca son parcours touchant et son quotidien bouleversé.
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Mme SB, qui souhaite rester anonyme, menait une vie active avant ce diagnostic. Femme en pleine santé, elle jogguait presque tous les soirs et veillait à une alimentation équilibrée. En décembre 2020, une toux persistante et des maux de dos apparaissent. Elle attribue ces dernières au télétravail et reçoit un traitement pour pneumonie. Mais après une semaine d'antibiotiques, les symptômes persistent. Une radiographie révèle alors bien plus.
Début janvier, une perte d'appétit et des douleurs intenses au dos et à la ceinture abdominale s'intensifient. À l'hôpital, les médecins évacuent plusieurs litres d'eau de son poumon. "On suspectait un cancer du poumon, de la plèvre ou lymphatique", explique-t-elle. Sans diagnostic précis, l'équipe médicale annonce un stade avancé. Une biopsie mi-janvier confirme le mésothéliome au stade 3.
"C'était incompréhensible vu mon mode de vie. Une injustice... Pourquoi moi ?", confie Mme SB. En pleine pandémie, elle annonce son diagnostic par téléphone à ses proches. "Insécurité financière, mort, peine... Tout s'effondrait", ajoute-t-elle. Déclarée invalide, elle rencontre son médecin qui confirme : stade 3, incurable et non opérable.
Cinq séances de radiothérapie atténuent les douleurs croissantes. "Perte d'appétit totale, soulagement par morphine et Tylenol seulement", décrit-elle. Mme SB fait partie des 20 % de cas sans exposition prolongée à l'amiante, contrairement à d'autres exposés qui échappent à la maladie.
Malgré la radiothérapie, elle se retrouve en fauteuil roulant, aidée pour marcher ou s'habiller. L'immunothérapie devient alors une option. "Après trois traitements, la masse s'est résorbée de moitié", se réjouit-elle, apprenant que sans cela, son espérance de vie était de trois mois.
Ce cancer métastatique progresse vite, mais l'immunothérapie inspire l'espoir. Après trois semaines, la masse a presque disparu, bien que les symptômes persistent. Mme SB retrouve une concentration accrue, sans siestes obligatoires, et mène une vie quasi normale. "Je suis chanceuse de répondre aux traitements, d'être avec les miens et de profiter des activités que j'aime", dit-elle.
Les traitements se poursuivront deux ans si tout va bien. Optimiste mais prudente, elle conclut : "Vivre au jour le jour, au maximum de mes capacités, est essentiel. Je n'en guérirai pas, mais je saisis chaque instant."
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