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La tuberculose : une menace persistante qui resurgit en Belgique et dans le monde

La tuberculose n'est pas une maladie oubliée du passé. Elle progresse discrètement mais sûrement dans notre société contemporaine.

La tuberculose : une menace persistante qui resurgit en Belgique et dans le monde

La tuberculose, ou "mort blanche", hante encore notre époque

Autrefois associée aux artistes romantiques du XIXe siècle agonisant dans les sanatoriums, la tuberculose reste une réalité actuelle. En Belgique, son incidence est stable ces dernières années, avec environ 9,5 cas pour 100 000 habitants par an (données 2011, registre national de la tuberculose). Les grandes villes enregistrent une hausse, liée à l'immigration : Bruxelles (31,4 cas/100 000 en 2011), Liège (35,8), Anvers et Charleroi (19,2 chacune).

Le gouvernement fédéral agit pour contrer les maladies respiratoires infectieuses urbaines. Les médecins sont sensibilisés à détecter les symptômes évocateurs. Mesure emblématique : la réouverture d'un sanatorium à l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, comme au XXe siècle.

Une renaissance inquiétante

Depuis les années 1980, la tuberculose semblait éradiquée en Occident grâce aux antibiotiques et à l'amélioration des conditions de vie. Pourtant, l'optimisme était prématuré.

Un tiers de la population mondiale est infecté par la tuberculose, mais seuls 10 % développent la maladie.

Elle ravage les pays en développement et remonte en Occident. Causes : pauvreté urbaine, malnutrition, épidémie de VIH, addictions et migrations depuis les zones endémiques. Annuellement, 1,5 million de décès, surtout chez les 15-44 ans. Quinze à vingt millions de patients actifs, 8 à 10 millions de nouveaux cas. Le VIH accélère la progression mutuelle des deux infections.

En Belgique, elle touche désormais les jeunes via l'immigration. La multirésistance reste rare localement, mais explose en Europe de l'Est et pays en développement, posant un risque futur.

Transmission par toux contaminée

Mycobacterium tuberculosis cause principalement la tuberculose pulmonaire, mais peut infecter tout l'organisme. Rarement, M. bovis via lait cru provoque des formes intestinales.

L'infection est rapide par voie aérienne, mais tous ne tombent pas malades.

Le bacille se transmet par gouttelettes de toux, éternuements ou parole : 3 000 gouttelettes par toux, 12 germes suffisent. Les bacilles aériens persistent des jours.

De l'infection latente à la maladie active

Infection ne rime pas avec maladie. Un tiers de l'humanité porte le bacille latent ; 5-10 % activent dans les premières années, le reste potentiellement plus tard si immunité baisse.

Symptômes pulmonaires : toux persistante, amaigrissement, fièvre, sueurs nocturnes, hémoptysie. Non traitée, mortelle en 6-24 mois.

Tout le monde est vulnérable, mais risque accru chez immunodéprimés (VIH, cancer, corticoïdes), enfants, seniors, malnutris. Seule la forme pulmonaire "ouverte" est contagieuse.

Vaccin BCG : efficacité limitée

Le BCG (1920s) vaccine un million d'enfants/an. Six pays ouest-européens le pratiquent encore ; 85 % de la population mondiale vaccinée. Non obligatoire en Belgique/Pays-Bas, réservé aux voyageurs en zones à risque.

Il protège modérément les enfants des formes graves (méningite), faiblement les adultes, effet éphémère (10-15 ans). Risque de faux positifs au test cutané.

Antibiotiques et résistance croissante

Avant 1944, sanatoriums et repos. Streptomycine puis autres antibiotiques ont révolutionné le traitement. Mais erreurs thérapeutiques favorisent la résistance : mutations sélectionnées.

Le système immunitaire vainc souvent seul le bacille ; vulnérabilité chez immunodéprimés.

Tuberculose multirésistante (MDR-TB) nécessite traitements de 2e ligne toxiques et longs. XDR-TB défie tout, rendant la maladie mortelle.

Que faire si un proche est atteint ?

Maladie à déclaration obligatoire. En Belgique (Flandre) ou Pays-Bas (GGD), traçage des contacts via "chaîne épidémique". Dépistage systématique des immigrés de zones à risque.

En bonne santé, risque faible : immunité naturelle suffit souvent.

Du poumon à l'organisme entier

Infection pulmonaire : macrophages vs bacilles. Latente si contenue ; active sinon. Forme granulomes (tubercules), nécrose caséeuse. Propagation : forme ouverte contagieuse, miliaire généralisée.

Cet article actualise un texte paru dans Eos (juillet 2008).

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