La metformine, médicament antidiabétique le plus prescrit au monde, réduit les risques de certains cancers et maladies cardiovasculaires, favorisant un vieillissement sain.

La metformine, le médicament antidiabétique le plus largement utilisé dans le monde, prévient certains cancers et maladies cardiovasculaires, favorisant ainsi un vieillissement en bonne santé. Wouter De Haes, doctorant à la KU Leuven, a élucidé son mécanisme d'action.
Le mécanisme est surprenant : la metformine augmente légèrement la production d'espèces réactives de l'oxygène (ROS) dans les mitochondries, les "centrales énergétiques" des cellules. Pour produire de l'énergie, les mitochondries génèrent de petites décharges électriques, libérant parfois des particules d'oxygène nocives. Celles-ci peuvent endommager protéines et ADN, mais en quantités modérées et espacées, elles renforcent les cellules. Les cellules capturent ces ROS avant qu'elles ne causent des dommages, devenant plus résistantes. "La metformine accroît modérément ces ROS, fortifiant les cellules et prolongeant leur durée de vie saine", explique De Haes.
Pendant longtemps, on a cru que ces ROS accélèrent le vieillissement, d'où le succès des antioxydants dans l'industrie alimentaire et cosmétique : crèmes antirides, jus de fruits et légumes, vin rouge ou chocolat noir. Pourtant, cette théorie est erronée. Puisque l'effet bénéfique de la metformine repose sur ces ROS, les antioxydants l'annulent.
Le modèle du ver
Les chercheurs ont utilisé le nématode Caenorhabditis elegans, un ver vivant seulement trois semaines, idéal pour étudier le vieillissement. Avec l'âge, il rétrécit, se ride et perd en mobilité. Chez les vers traités à la metformine, ces signes sont atténués : ils restent actifs et en forme plus longtemps.
Cette recherche est publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).