La majorité des cancers ne résultent pas principalement d'un manque d'exercice, du surpoids ou du tabagisme, mais du hasard. C'est la conclusion d'une étude américaine publiée dans Science.

Origine de cette découverte
Des chercheurs de l'université Johns Hopkins ont analysé pourquoi le risque de cancer varie autant selon les tissus (1). Les gènes (hérédité), les facteurs environnementaux (mode de vie) et le nombre de divisions cellulaires des cellules souches sont des facteurs connus. Pour clarifier leur impact, ils ont compilé 31 études sur la vitesse de division des cellules souches dans divers tissus (sein, prostate, etc.).
Leur analyse montre une corrélation forte : plus de divisions signifie un risque accru de cancer. En comparant ces données aux facteurs génétiques et environnementaux connus (ex. : soleil pour la peau, tabac pour le poumon, hérédité pour le côlon), ils estiment que 65 % des variations de risque entre types de cancer s'expliquent par ces divisions cellulaires incontrôlables. L'hérédité et le mode de vie ne représentent que 35 %. Les auteurs concluent que deux tiers des risques de cancer relèvent de la « malchance ».
Source
(1) Tomasetti C, Vogelstein B. La variation du risque de cancer entre les tissus peut s'expliquer par le nombre de divisions de cellules souches. Science. Publié en ligne le 2 janvier 2015.
Interprétation nuancée
Cette estimation, basée sur une méta-analyse, est approximative : les résultats varient de 39 à 81 % selon les études. La moyenne de 65 % indique un rôle majeur du hasard, mais pas exclusif. Certains cancers, comme celui du poumon, sont fortement liés au tabac ; d'autres, comme ceux du sein ou de la prostate, le sont moins.
Cette recherche ne contredit pas les connaissances existantes : de nombreux cancers surviennent sans cause évidente, tandis que d'autres dépendent du mode de vie ou de l'hérédité. Les auteurs insistent : les mesures préventives (alimentation saine, non-fumeur, exercice) restent essentielles pour réduire les risques, sans les éliminer totalement.
Conclusion
La « malchance » (divisions cellulaires) joue un rôle prépondérant dans de nombreux cancers, plus que l'hérédité ou le mode de vie pour certains types. Les recommandations de prévention demeurent inchangées et cruciales.
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