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Tests de testostérone dans le sport : des études scientifiques remettent en cause la distinction hommes-femmes

Des scientifiques débattent dans la revue Science de l'utilisation de l'identité de genre pour différencier les athlètes masculins des athlètes féminines, remettant en question les tests actuels basés sur les concentrations de testostérone.

Tests de testostérone dans le sport : des études scientifiques remettent en cause la distinction hommes-femmes

Pour prévenir la "fraude sexuelle", les athlètes féminines présentant des niveaux de testostérone typiquement masculins sont exclues des compétitions. Or, deux études à grande échelle révèlent aujourd'hui que la testostérone varie chez les sportifs de haut niveau, rendant ce critère inadapté pour distinguer les sexes.

La sprinteuse indienne Dutee Chand est la dernière athlète touchée par ces tests de genre. Suspendue en 2014 avant les Jeux du Commonwealth en raison d'un taux de testostérone jugé trop élevé, elle illustre un débat ancien. Les tests de genre pour les athlètes féminines existent depuis 1936, initialement pour démasquer les hommes se faisant passer pour des femmes, et aujourd'hui pour exclure celles ayant un développement sexuel atypique. Selon les instances sportives, un taux élevé conférerait un avantage injuste.

Autrefois basé sur un examen gynécologique ou la présence de deux chromosomes X, le test a été abandonné en 1992 pour manque de fiabilité, autorisant les athlètes s'identifiant comme femmes à concourir. En 2009, l'athlète sud-africaine Caster Semenya, au physique musclé et aux performances exceptionnelles, a relancé le débat avec ses niveaux de testostérone élevés. Depuis 2011, le CIO et la World Athletics (ex-IAAF) imposent un seuil "normal" masculin. Les athlètes naturellement hyperandrogènes doivent prendre des anti-androgènes ou subir une chirurgie pour competir.

Chevauchement des niveaux hormonaux

Deux études publiées cette semaine dans Science contestent l'usage de la testostérone comme marqueur sexuel. L'étude GH-2000, financée par le CIO et l'Agence mondiale antidopage (AMA), révèle un chevauchement : 13,7 % des femmes ont un taux atypiquement élevé (4,7 % masculin typique), tandis que 16,5 % des hommes ont un taux bas (1,8 % féminin typique). Une seconde étude de la World Athletics indique que 1,5 % seulement des femmes dépassent les seuils, mais sans inclure celles aux caractéristiques masculines biologiques.

Malgré des résultats contrastés, ces travaux montrent la variabilité de la testostérone, influencée par de nombreux facteurs. Les chercheurs préconisent un retour à l'identité de genre comme critère principal. (ks)

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