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Dépistages cardiaques chez les sportifs : nécessaires ou potentiellement nocifs ?

Les morts subites des footballeurs Gregory Mertens et Tim Nicot, survenues après un arrêt cardiaque, relancent le débat sur les dépistages cardiaques préventifs chez les sportifs de haut niveau. Des experts internationaux s'interrogent également sur l'opportunité d'instaurer de tels tests en routine.

Dépistages cardiaques chez les sportifs : nécessaires ou potentiellement nocifs ?

Les morts subites des footballeurs Gregory Mertens et Tim Nicot relancent le débat sur les dépistages cardiaques préventifs chez les sportifs de haut niveau. Des experts étrangers se demandent si de tels tests devraient être introduits en standard.

La plupart des sportifs de haut niveau bénéficient d'un suivi médical permanent incluant de multiples examens cardiologiques. Ces décès tragiques ravivent la question d'un dépistage systématique pour tous les sportifs : il s'agit de détecter une maladie cardiaque potentiellement mortelle chez un athlète apparemment sain via un électrocardiogramme (ECG), qui pourrait mener à un arrêt cardiaque.

Cependant, l'ECG n'est pas fiable pour prédire la mort subite chez l'athlète. Les partisans du dépistage espèrent prévenir plusieurs décès par an, tandis que les opposants soulignent l'absence de preuves scientifiques solides, et des inconvénients majeurs. Ainsi, environ 1 % des jeunes testés pourraient être disqualifiés à tort du sport de compétition. Sur 500 000 jeunes en bonne santé examinés annuellement, cela signifierait 5 000 sportifs injustement exclus, contraints à une vie de 'patients cardiaques'.

Comment interpréter ces événements ?

Les réserves sur le dépistage persistent. Examinons comment un simple ECG, ou d'autres tests comme une prise de sang ou une radiographie, peut s'avérer nocif.

Un test médical idéal est positif chez tous les malades et négatif chez tous les bien-portants. Prenons l'exemple de la fièvre pour diagnostiquer une otite : idéalement, 39,0 °C indiquerait précisément l'infection. En réalité, la fièvre varie, et des enfants grippés sans otite peuvent l'avoir. Des examens complémentaires (douleur auriculaire, tympan enflammé) sont indispensables.

Aucun test n'est parfait : faux négatifs (manque un malade) ou faux positifs (alarme un sain). Un bon test minimise ces erreurs ; sinon, il est déconseillé. Les tests peuvent aussi nuire.

Un faux négatif prive d'un traitement précoce (ex. : cancer détecté tardivement). Un faux positif génère anxiété, examens invasifs et traitements inutiles. Les femmes avec mammographie faussement positive boudent souvent les contrôles futurs, perdant les bénéfices du dépistage.

Même un vrai positif peut nuire si le traitement n'améliore pas la situation (ex. : rhume viral inutilement diagnostiqué, ou cancer incurable diagnostiqué tôt, prolongeant l'angoisse). Un vrai négatif peut rassurer un fumeur, l'incitant à poursuivre son vice.

Conclusion

Les tests médicaux sont essentiels pour un diagnostic précis, mais imparfaits. Ils comportent des risques. Avant tout examen, même anodin, informez-vous des bénéfices et inconvénients. Le dépistage cardiaque des jeunes sportifs amateurs ne prouve pas de réduction de la mort subite, mais expose de nombreux athlètes à une exclusion injustifiée.

Références

https://www.Gezondenscience.be/Gezondheidsnieuws-onder-de-loep/moeten-amateursporters-gescreend-worden

* https://kce.fgov.be/nl/publication/report/moeten-jonge-sporters-een-hartscreening-ondergaan#.VVsTfeEpqT0

Dépistages cardiaques chez les sportifs : nécessaires ou potentiellement nocifs ?

Dépistages cardiaques chez les sportifs : nécessaires ou potentiellement nocifs ?


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