Les perturbateurs endocriniens, ces produits chimiques qui altèrent nos hormones, se cachent dans de nombreux objets quotidiens : emballages plastiques, cosmétiques, conserves alimentaires, jouets, meubles et même tickets de caisse. Le magazine Eos révèle l'ampleur de ce danger.

Des études scientifiques associent l'exposition à ces substances à un risque accru d'obésité, de QI réduit, de baisse de fertilité et de certains cancers. Les hormones régulent la croissance, le développement, la reproduction, l'immunité et le métabolisme. Les périodes critiques comme la vie intra-utérine et la puberté augmentent la vulnérabilité.
"Les réglementations actuelles ne protègent pas suffisamment les citoyens", alerte Åke Bergman dans Eos 2020. Expert principal d'un rapport de l'OMS sur les perturbateurs endocriniens, il souligne que ces chimiques pénètrent via la peau, l'air et l'alimentation. Le bisphénol A, par exemple, est présent dans les boîtes de conserve et les coatings des reçus. L'étude flamande Biomonitoring détecte plus de parabènes et triclosan chez les gros consommateurs de produits de soin. "Les entreprises ne divulguent pas toujours les compositions", ajoute Bergman.
Certains produits sont restreints, mais "les substituts ne sont pas forcément plus sûrs", note Greet Schoeters, professeure en environnement et santé à l'Université d'Anvers. Établir un lien causal avec les expositions quotidiennes reste complexe. Par précaution, les experts recommandent de minimiser l'exposition, surtout pour les femmes enceintes et jeunes enfants.
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