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Rhume : sommes-nous condamnés à en attraper ? Ce que révèlent les études scientifiques Cochrane

C'est la saison : toux, éternuements et nez qui coule partout. Mythes et remèdes grand public pullulent – thé au miel et citron, vitamine C, paracétamol, pilules ou sprays nasaux. Mais que dit vraiment la science ?

« L'adulte moyen attrape 2 à 4 rhumes par an, et les jeunes enfants jusqu'à 6 à 8. » Cochrane Reviews

Cochrane, réseau international de plus de 37 000 experts de 130 pays, a compilé douze revues systématiques sur la prévention et le traitement du rhume.

Le rhume est causé par plus de 200 virus différents, le rhinovirus étant le plus fréquent. Il se résout spontanément en 1 à 2 semaines, mais provoque absentéisme scolaire et professionnel massif, ainsi que de nombreuses consultations médicales. Symptômes principaux : nez bouché ou qui coule, mal de gorge, toux, malaise général, parfois fièvre légère. Aux États-Unis seulement, on estime à un demi-milliard le nombre de rhumes annuels.

Aucun traitement curatif n'existe ; on se limite au soulagement symptomatique. Aucune méthode de prévention infaillible n'est disponible non plus.

1. Vitamine C

Linus Pauling, double lauréat Nobel, popularisa la vitamine C dans les années 1970. Une méta-analyse Cochrane (2013, 29 essais, 11 306 participants) infirme ses conclusions : prise régulière n'empêche pas les rhumes, mais réduit légèrement durée et gravité des symptômes. Bénéfice notable chez les athlètes d'endurance (marathoniens, skieurs : risque halved). Doses élevées en début de rhume : effet incertain, recherches en cours.

2. Pilules combinées (antihistaminiques/décongestionnants/analgésiques)

Disponibles sans ordonnance. Revue Cochrane (2012, 27 essais, 5 117 participants) : efficaces chez adultes et enfants. Meilleure combo : antihistaminique + décongestionnant. Attention aux effets secondaires : somnolence, bouche sèche, insomnie, vertiges.

3. Paracétamol

Revue Cochrane (2015, 4 essais, 758 participants) : soulage congestion et écoulement nasal, sans effet sur éternuements, gorge, toux ou malaise. Preuves de qualité faible à modérée.

4. Anti-inflammatoires (AINS)

Revue Cochrane (2015, 9 essais, 1 069 participants) : atténuent les douleurs, peu plus. Risque d'irritation gastrique.

5. Antihistaminiques seuls

Revue Cochrane (2015, 18 essais, 4 342 participants) : 45 % des patients notent amélioration à court terme (vs 38 % placebo). Effet évanoui après 3 jours ; somnolence accrue.

6. Antibiotiques

Inutiles contre les virus. Revue Cochrane (2013) : aucun bénéfice, mais effets secondaires.

7. Décongestionnants

Revue Cochrane (2016) : léger effet sur congestion nasale, bénéfice clinique incertain. Ne pas dépasser la dose.

8. Corticostéroïdes nasaux

Efficaces ailleurs, mais revue Cochrane (2015, 3 essais) : aucun effet sur rhume. Plus d'études nécessaires.

9. Échinacée

Revue Cochrane (2014) : léger effet préventif et thérapeutique vs placebo, preuves faibles.

10. Inhalation de vapeur chaude

Revue Cochrane (2017, 6 essais, 387 participants) : bénéfice non prouvé.

11. Ail

Une étude (146 participants) suggère un effet préventif avec consommation quotidienne (3 mois), mais preuves faibles (Cochrane 2014).

12. Vaccination

Revue Cochrane (2017) : une seule étude sur adénovirus ; pas d'effet vs placebo.

En résumé, aucun remède miracle ni vaccin. Antihistaminiques/décongestionnants aident modérément ; se moucher reste essentiel.

Que révèlent les revues systématiques Cochrane ?

Conclusion

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