Nous évaluons intuitivement les étrangers en fonction de leur ressemblance avec des personnes rencontrées par le passé.

Nous accordons notre confiance à un inconnu s'il ressemble à quelqu'un que nous savons fiable, et nous nous méfions s'il évoque une personne peu digne de confiance. Cela se produit même pour des similitudes subtiles, sans que nous en ayons conscience.
Des chercheurs de l'Université de New York ont conduit une expérience révélatrice auprès de volontaires jouant à des jeux économiques.
Dans la première phase, les participants recevaient de l'argent à investir chez l'un de trois partenaires anonymes, identifiables uniquement par photo. Ce partenaire décidait de partager ou non les gains.
Un partenaire partageait 93 % du temps (très fiable), un autre 60 % (moyennement fiable), et le troisième gardait tout 93 % du temps (peu fiable).
Dans la seconde phase, les volontaires choisissaient de nouveaux partenaires parmi des photos modifiées pour ressembler subtilement aux précédents. Ils privilégiaient massivement ceux évoquant le partenaire fiable et ignoraient ceux rappelant le peu fiable.
Une analyse cérébrale ultérieure a révélé que, lors de ces choix, les mêmes régions activées lors de l'apprentissage initial de la fiabilité se réactivaient. L'amygdale, impliquée dans les émotions, jouait un rôle clé.
Plus l'activité cérébrale lors de la vision d'un partenaire non fiable était similaire, moins les participants faisaient confiance au nouveau visage. Inversement pour les fiables.
En résumé, nos jugements moraux sur les étrangers s'appuient inconsciemment sur nos expériences passées.
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