Le DEET est le répulsif anti-moustiques le plus efficace au monde. Son efficacité repose en grande partie sur les pattes des insectes.
Les personnes utilisant des produits à base de DEET pendant l'été réduisent drastiquement les risques de piqûres. Des chercheurs de l'Université Rockefeller à New York ont enquêté sur les mécanismes précis de cette protection.
La scientifique Emily Jane Dennis avait déjà exploré le succès du DEET en élevant des moustiques mutants à l'olfaction réduite. Ces insectes restaient attirés par les humains, même couverts de DEET, mais refusaient de piquer. Le mystère persistait.
D'autres études suggéraient que le DEET aurait un goût amer dissuasif. Dennis a testé cette hypothèse en proposant de l'eau sucrée avec ou sans DEET, et avec ou sans autre ingrédient amer. Les moustiques ignoraient les deux versions amères. Pourtant, appliqués sur la peau à une concentration dix fois supérieure, ces ingrédients n'empêchaient pas les piqûres. Le goût amer n'expliquait donc pas l'effet répulsif du DEET.
Pour approfondir, Dennis a présenté du sang chaud sous une membrane que les moustiques devaient percer. Ajouté au sang, le DEET ou d'autres amers décourageaient les moustiques. Mais appliqués sur la membrane, seuls le DEET les repoussait. Cela indiquait un effet spécifique sur la surface cutanée.
Dennis a alors suspecté les poils sensoriels des pattes des moustiques, capables de détecter les molécules comme des récepteurs gustatifs. En enduisant ses bras de DEET tout en empêchant le contact des pattes, les moustiques piquaient normalement. Confirmation : les pattes détectent le DEET.
Les chercheurs visent désormais à identifier les neurones et protéines impliqués pour concevoir des répulsifs plus performants et durables.
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