Les scientifiques aboliraient les tests sur animaux si cela était possible. Mais est-ce réaliste aujourd'hui ? Explorons la situation actuelle de la recherche scientifique.
Des amis et connaissances me demandent souvent si nous pouvons nous passer des animaux de laboratoire. « N'existe-t-il pas assez d'alternatives désormais ? » Tant que l'expérimentation animale s'avère nécessaire, les chercheurs minimisent la souffrance animale. Un exemple clé est le principe des 3R : avant toute expérience, ils vérifient s'il est possible de Remplacer les animaux, Réduire leur nombre, ou Raffiner les protocoles pour limiter l'inconfort. L'autorisation n'est accordée que si aucune alternative n'existe.
Les chercheurs investissent des années à développer et valider de nouvelles techniques, comme pour un médicament (10 à 15 ans en moyenne). Ces méthodes doivent être rigoureusement testées pour garantir fiabilité et sécurité. Ainsi, des innovations comme l'organe sur puce – où des cellules humaines simulent un organe – ne peuvent être adoptées du jour au lendemain.
Cette question est complexe en raison de l'évolution rapide de la science et du turnover du personnel scientifique (un doctorant travaille environ 4 ans sur sa thèse). Pour faciliter l'accès aux informations, les Régions flamande et bruxelloise ont lancé en 2017 le projet RE-Place. Cette plateforme recense les méthodes alternatives en Belgique, favorise leur adoption et l'échange de connaissances pour réduire à long terme le nombre d'animaux utilisés.
Sciensano et la Vrije Universiteit Brussel, coordinateurs de RE-Place, proposent un outil en ligne sur www.RE-Place.be. Les scientifiques y soumettent leurs méthodes alternatives, centralisées dans une base de données gratuite. Chaque entrée lie une méthode à un expert et une institution, facilitant les collaborations interdisciplinaires.
Pour des tests simples, les alternatives existent déjà. Par exemple, les cornées de bovins issus d'abattoirs évaluent l'irritation de substances, réduisant les besoins en animaux pour tester des produits ménagers.
La loi impose parfois les alternatives : depuis 2005, les cosmétiques ne sont plus testés sur animaux en Europe – un succès notable. Cependant, des pays comme la Chine maintiennent ces pratiques, soulignant la nécessité d'actions globales pour une législation uniforme.
Les questions complexes persistent, notamment en recherche fondamentale (développement de Parkinson, surdosage médicamenteux, thérapies anticancéreuses) ou réglementaire (sécurité de médicaments ou aliments). Les maladies neurologiques ne se simulent pas encore en boîte de Pétri.
La science progresse : intelligence artificielle pour modéliser des données (animales ou humaines), ou recherche sur tissus humains issus de biobanques (avec consentement patient). Vous pouvez contribuer à la recherche biomédicale !
Remplacer les tests sur animaux est ardu, mais les chercheurs développent des méthodes sans animaux. Une approche intégrée privilégie les alternatives ; les animaux ne sont utilisés qu'en dernier recours, avec souffrance minimisée.
Des chercheurs flamands, bruxellois (VITO, IMEC) participent à RE-Place, mais l'expertise pharmaceutique manque. Tous sont invités à contribuer pour un état des lieux complet.
Aux Pays-Bas, le TPI accélère les innovations comme les organes sur puce. Aux États-Unis, l'EPA mise sur modélisation et techniques moléculaires. Le Parlement européen vote pour une elimination progressive – des signaux prometteurs !
Le projet RE-Place
Initiative des Régions flamande et bruxelloise, www.RE-Place.be centralise l'expertise sur les alternatives dans une base de données. L'équipe contacte les scientifiques pour enrichir ce réservoir de connaissances accessibles à tous.
Grâce à RE-Place, nous cartographions mieux les méthodes actuelles et leurs utilisateurs en Belgique.
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