Les indicateurs de miel africains guident les chasseurs vers les nids d'abeilles en échange de cire.

Utiliser des animaux pour la chasse n'a rien d'exceptionnel : chiens dressés, oiseaux de proie ou cormorans sont courants. Mais les indicateurs de miel, vivant à l'état sauvage, aident les chasseurs grâce à un cri spécifique, selon une étude menée par des scientifiques américains et sud-africains publiée dans Science.
L'oiseau indique aux chasseurs l'emplacement des nids, perchés haut dans les arbres. En retour, il se régale de cire d'abeille, qu'il ne peut extraire seul du nid. Les chasseurs, eux, ne prélèvent que le miel, laissant la cire à leur allié.

La tribu Yao, au Mozambique, utilise un cri unique ressemblant à un « brrr-hm » prolongé pour attirer ces oiseaux. Pour tester son efficacité, les chercheurs ont suivi les indicateurs : dans 75 % des cas où un oiseau guidait les chasseurs, un nid était découvert.

Pour évaluer l'impact de ce cri spécifique, des enregistrements ont été réalisés, incluant deux sons témoins. Diffusés sur le terrain, ils ont révélé une réponse nettement plus forte au « brrr-hm ». Cela double les chances d'attirer un oiseau et triple celles de trouver un nid.
La relation est bidirectionnelle : les oiseaux attirent parfois l'attention des humains sur un nid découvert. Ce comportement, décrit dès 1588 par un missionnaire portugais, persiste.

La particularité de cette relation est l'absence de dressage ou de coercition.
« Ce comportement résulte probablement d'une sélection naturelle sur des centaines de milliers d'années », explique la biologiste Claire Spottiswoode de l'Université de Cambridge.

Cette collaboration spontanée n'est pas isolée. Au Brésil, à Laguna, des dauphins guident les pêcheurs vers les bancs de poissons en échange d'une part de la prise, indiquant où jeter les filets. (ddc)
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