Début mai, le Dr Bruno Dillemans a réalisé sa 10 000e réduction gastrique. Son Centre de Chirurgie de l'Obésité à Bruges est devenu, en vingt ans, un pôle d'expertise international. « J'ai reçu de belles offres pour travailler ailleurs, mais je suis attaché à cet hôpital. »

Expertise reconnue en chirurgie bariatrique
Un Belge ou un Néerlandais sur sept souffre d'obésité sévère. De plus en plus optent pour la chirurgie, une décision validée par de nombreuses études scientifiques. Avec la perte de poids (30 à 35 % en moyenne, durable), disparaissent diabète, hypertension, apnée du sommeil, hypercholestérolémie et douleurs articulaires. Neuf patients sur dix se sentent mieux après l'intervention. Une enquête de la mutuelle socialiste montre une réduction de plus de 40 % de la consommation d'antidépresseurs post-opératoire.
Les techniques phares sont le pontage gastrique et la sleeve gastrectomie. Le pontage réduit la taille de l'estomac, redirige l'intestin grêle pour limiter l'absorption de sucres et graisses, et diminue les hormones de l'appétit. La sleeve enlève 85 % de l'estomac sans bypass intestinal.
Approche mini-invasive
Pionnier mondial du pontage gastrique laparoscopique, le Dr Dillemans (54 ans) excelle aussi dans les réopérations complexes. À l'AZ Sint-Jan de Bruges depuis plus de 20 ans, chef de service depuis 2011, il a réalisé son premier pontage laparoscopique en 2004. Cette technique, via de petites incisions et une caméra, réduit infections, douleurs et temps d'hospitalisation (2 jours vs 7 auparavant). La visualisation x10 facilite la précision.
« Une femme de 130 kg qui passe à 70 kg : c'est une chenille qui devient papillon. »
Les patients ont un IMC moyen de 40 (ex. : 120 kg pour 1m70). Bénéfices sociétaux avérés : une étude finlandaise évalue les économies à 17 000 € sur 10 ans par patient opéré.
Paysage hospitalier compétitif
« Les chirurgiens belges sont pionniers en laparoscopie », note Dillemans, cité à l'IFSO (Hambourg 2011, Istanbul 2013). Formé à Roulers, KU Leuven et Groningen, il a développé la laparoscopie en Belgique dès son retour à Bruges.
« La Belgique est compétitive : il faut du talent pour attirer les patients. J'ai saisi l'opportunité de la laparoscopie et de la chirurgie bariatrique. »
Pas une baby-sitter glorifiée
Son centre forme des chirurgiens du monde entier ; un tiers des patients vient de l'étranger (Pays-Bas, Scandinavie, Royaume-Uni). Standardisation des procédures minimise les complications. Collaboration avec le Pr Jan-Paul Mulier pour une anesthésie optimisée sans morphine.
95 % des patients refont l'opération un an après. Suivi intensif 3 ans (poids, vitamines, activité physique) avec diététiciennes et généralistes. « Après, responsabilité au patient et médecin traitant. La prévention reste clé : habitudes alimentaires et mode de vie. »
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