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Tests ADN d'ascendance : mythes et réalités pour retracer ses racines

Descendez-vous des Vikings ? Du sang américain ou asiatique coule-t-il dans vos veines ? Un simple tube de salive suffit pour le savoir. Plusieurs entreprises proposent des tests de lignée génétique, et le moteur de recherche de voyages danois Momondo a lancé le concours The DNA Journey, offrant des voyages vers les "pays d'origine" des participants.

Maarten Larmuseau, du Laboratoire de génétique médico-légale et d'archéologie moléculaire de la KU Leuven, qualifie nombre de ces tests d'"astrologie génétique". « Il est possible de déterminer l'origine d'une personne en se basant sur les différences génétiques, comme en génétique forensic pour identifier une victime ou un suspect. Cela reste fiable à grande échelle, comme en Europe de l'Ouest, mais moins pour des régions plus petites. »

Frontières floues

Les génomes humains diffèrent en moyenne de 0,1 %. À certains endroits, l'ordre des nucléotides varie, formant des polymorphismes mononucléotidiques (SNP). Ces variations suivent un modèle géographique : nous nous reproduisons majoritairement localement, laissant un "écho" des migrations depuis l'Afrique, avec une diversité génétique décroissante. Certains groupes isolés présentent des signatures uniques.

« Les différences génomiques forment un gradient lent, rendant les frontières floues et les populations difficiles à définir nettement », explique Larmuseau. C'est pourtant ce que font ces tests.

Les entreprises analysent des SNP comme marqueurs d'ascendance, comparés à des populations de référence stables. « Si vos marqueurs matchent à 26 % avec la Scandinavie, vous êtes estimé à 26 % scandinave », indique Brad Argent d'AncestryDNA, partenaire de The DNA Journey. « C'est une estimation fiable, avec marge d'erreur. »

Les méthodes varient : AncestryDNA utilise plus de 720 000 marqueurs et 26 groupes ; 23andMe, 31 populations ; AncestrybyDNA, 144 marqueurs pour 4 groupes.

Le retour de la "race"

Le généticien Mark Jobling (Université de Leicester) critique ces tests dans Ethnic and Racial Studies. Ils risquent de raviver le concept biologiques dépassé de "race". « Les populations de référence sont des constructions humaines, pas des entités biologiques. »

Pas pour les Européens de l'Ouest

Larmuseau déconseille ces tests sans raison valable, car ils apportent rarement des surprises. Une vidéo promotionnelle de The DNA Journey prétend que 80 % des participants découvrent l'inattendu, souvent des ancêtres de 4 à 6 régions. Il en doute.

« Intéressant pour les Afro-Américains ou enfants adoptés, mais pour la plupart, c'est prévisible. Mon résultat : 98 % Europe de l'Ouest, 2 % indéterminé – logique pour ma famille de Roulers-Menen. Ma compagne : 49 % Europe de l'Ouest, 49 % Europe du Sud – sa mère limbourgeoise, son père italien. » Pour les Européens de l'Ouest, peu de surprises.

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