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Solitude en maisons de repos après la crise Covid : un facteur de surmortalité ?

Durant la récente vague de chaleur, près de 400 résidents de maisons de repos sont décédés de plus que la moyenne habituelle pour cette période. Un chiffre bien supérieur à celui de la canicule de 2018, où seules quelques dizaines de morts étaient liées au Covid-19. « La solitude n’a certainement pas aidé », soulignent les experts.

Les centres de soins résidentiels flamands ont enregistré un nombre record de décès ces derniers jours, selon les données de l’agence Care and Health, basées sur les rapports des établissements. Depuis le début de la canicule d’août, 906 décès ont été signalés, dont 22 dus au Covid-19. En comparaison, la moyenne sur la même période de 2014 à 2018 était de plus de 500 décès, y compris lors de la canicule de 2018.

Ce taux de mortalité élevé n’est peut-être pas uniquement dû à la chaleur. Bien que difficile à prouver, les mesures Covid pourraient avoir contribué via la solitude et l’isolement social, des facteurs de risque reconnus.

Comment interpréter ces chiffres ?

Il y a quelques années, des chercheurs américains ont analysé toutes les études publiées entre 1980 et 2014 sur l’impact de la solitude, de la vie solitaire et de l’isolement social sur le risque de décès prématuré. Leur méta-analyse portait sur plus de 3,4 millions de personnes issues de 70 études, en ne retenant que celles en bonne santé au départ, pour éviter les biais.

La solitude a été définie par trois critères :

  • isolement social : manque de contacts, absence de confident, non-participation aux activités sociales ;
  • vie solitaire ;
  • sentiment de solitude.

Sur un suivi moyen de 7 ans, comparés à un groupe témoin sans ces facteurs, le risque de décès prématuré augmentait de :

  • 26 % pour les personnes se sentant seules ;
  • 29 % pour celles sans contacts sociaux ;
  • 32 % pour celles vivant seules.

Ces résultats n’ont pas corrigé les facteurs comme le tabagisme, l’exercice ou le statut socio-économique. La vaste échelle et la santé initiale des participants renforcent le lien entre solitude et mortalité prématurée, souvent via des comportements à risque (ex. : déshydratation en cas de chaleur).

Autre observation : les centenaires attribuent souvent leur longévité à de bons contacts sociaux, confirmant l’importance des relations pour la santé physique et mentale.

Conclusion

Bien que difficile à démontrer formellement, la surmortalité observée dans les maisons de repos flamandes résulte probablement non seulement du Covid-19 et de la canicule, mais aussi des mesures sanitaires ayant accentué l’isolement. La solitude et l’isolement social sont des facteurs de risque indirects de décès prématuré.

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