Les bactéries sont des organismes sociaux qui collaborent étroitement pour survivre dans des environnements hostiles. Elles s'unissent pour combattre les envahisseurs, collecter des nutriments et édifier des structures protectrices comme les biofilms.

Surprenant, mais vrai : les bactéries communiquent via le "quorum sensing", un système démocratique de signalisation.
Selon les conditions environnementales, elles libèrent des molécules de signalisation. Lorsque leur concentration dépasse un seuil, cela déclenche des instructions collectives : « arrêtez de vous diviser, nous sommes trop nombreux » ou « produisez plus d'enzymes protéases pour éviter la famine ».
Cependant, des tricheurs émergent : ils profitent des efforts collectifs sans contribuer. À long terme, cela déséquilibre la population, favorisant les profiteurs et menant à l'effondrement de la coopération.
Des chercheurs américains, dans la revue Science, révèlent comment la nature contrebalance cela. Les mutants du gène lasR, sourds aux signaux, peinent à dégrader des nutriments comme l'adénosine et meurent plus facilement en solitaire.
Par ailleurs, une étude britannique publiée dans Proceedings of the Royal Society B montre que les biofilms riches en tricheurs sont plus vulnérables aux antibiotiques. Cette vulnérabilité pourrait inspirer de nouveaux traitements contre Pseudomonas aeruginosa, pathogène courant chez les patients atteints de mucoviscidose.