Un vaccin contre le COVID-19 n'est pas comme un autre, même si les chiffres d'efficacité semblent parler d'eux-mêmes. Par exemple, Pfizer et Moderna affichent environ 95 % d'efficacité, contre 66 % pour Johnson & Johnson. C'est sur cette base que le maire de Détroit a initialement refusé une livraison de ce dernier en mars 2021. Pourtant, une telle comparaison directe n'a pas de sens.
Depuis l'autorisation des vaccins anti-COVID, les taux d'efficacité dominent les débats. Avec 66 %, Johnson & Johnson apparaissait comme le plus faible, justifiant le refus du maire Mike Duggan. «C'est un bon vaccin, mais Pfizer et Moderna sont meilleurs. Pour mes citoyens, seul le meilleur suffit», a-t-il déclaré (1).
Cette préférence marquée n'est pas isolée. Sur TikTok et les réseaux sociaux, beaucoup plébiscitent Pfizer : «Seulement Pfizer pour moi, sinon autant attraper le COVID».
Mais est-il pertinent de se fier uniquement aux taux d'efficacité des essais cliniques ? Y a-t-il des nuances à connaître ?
L'efficacité démystifiée
Comparer les vaccins sur ce seul critère est erroné. Comprenons les essais cliniques de phase 3 :
Pour Pfizer, sur 43 000 participants :
Ce 95 % signifie qu'une personne vaccinée est 95 % moins à risque d'infection qu'une non-vaccinée au contact du virus. Pour J&J, c'est 66 %.
Une comparaison piégeuse
Même si le calcul est identique, les contextes diffèrent :
Pour une vraie comparaison, il faudrait des essais identiques. L'efficacité est un instantané influencé par le timing et le lieu.
L'efficacité n'est pas tout
Elle ne mesure pas tout :
Tous les vaccins excellent contre les cas sévères.
Le meilleur vaccin est celui offert. Plus nous vaccinons vite, plus nous écartons la pandémie. Le maire de Détroit l'a compris et accepte J&J.
Le maire avait tort et l'a admis : contextes différents faussent les comparaisons. Jugez sur la prévention des formes graves, où tous brillent. Prenez le vaccin proposé : c'est le meilleur choix pour vaincre le virus.
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