En Flandre, les jeunes adultes dans la vingtaine et la trentaine se vaccinent massivement contre le COVID-19. Malgré une forte adhésion, des doutes persistent, notamment sur les rumeurs d'un impact négatif des vaccins sur la fertilité masculine. Que révèle la science à ce sujet ?
Les rumeurs sur un effet néfaste des vaccins contre le COVID-19 sur la fertilité sont tenaces. Sur les réseaux sociaux et via des soi-disant experts, des affirmations infondées sont présentées comme des faits établis.
Selon un article du site anti-vaccin Daily Expose, partagé plus de 1 000 fois, la protéine Spike du coronavirus affecterait négativement les testicules. Un médecin de Floride affirme qu'après vaccination, elle circule dans le corps et se lie au récepteur ACE2, présent dans les testicules, causant des dommages et altérant la qualité du sperme. De nombreuses affirmations similaires circulent. Heureusement, la science dément formellement ces allégations grâce à des études récentes.
Ce que nous savions déjà
Les essais de vaccins ne incluent pas systématiquement des tests de fertilité, mais leur mécanisme d'action ne suggère aucun risque. Cela vaut pour les vaccins à ARNm (Pfizer/BioNTech, Moderna) et à vecteur viral (AstraZeneca, Janssen). Les études précliniques sur animaux confirment l'absence de souci :
Étant donné que le vaccin est absent ou quasi absent des organes génitaux, aucun effet n'est attendu :
Ces résultats sont rassurants pour tous les vaccins disponibles.
Études humaines récentes
Au-delà des animaux, des données humaines émergent, également positives :
Limites : petits échantillons et suivi court (70 jours, couvrant un cycle spermatique complet). Aucune raison de craindre des effets à long terme. Les améliorations observées pourraient s'expliquer par l'abstinence ou la variabilité naturelle (absence de groupe témoin).
Une fièvre post-vaccinale peut causer une baisse temporaire de qualité du sperme, mais c'est dû à la fièvre elle-même (comme pour toute infection), non au vaccin. Elle est brève, les effets minimes, et la qualité se rétablit en semaines sans impact durable sur la fertilité.
Ces études contredisent les affirmations du Daily Expose :
À l'inverse, une infection naturelle au COVID-19 est risquée : le virus est détecté dans les testicules et le sperme, provoquant inflammation et altérations possibles de la qualité du sperme (sévères ou bénignes).
Les données scientifiques croissantes confirment : les vaccins contre le COVID-19 n'ont aucun impact négatif sur la fertilité masculine. Une infection naturelle, en revanche, peut l'affecter temporairement. Pour préserver votre fertilité, la vaccination est préférable au risque de COVID-19.